Derrière l’étiquette: Remettre le facteur à vélo

Voici une étiquette pleine d’humour et de tendresse, c’est l’œuvre de Nicolas Chevrier, que vous connaissez sûrement avec sa très chouette cave le Raisin social Club à Nîmes dans le quartier de la Croix de fer. Certains cavistes passionnés comme lui, on parfois envie de sauter le pas et de passer de l’autre côté: faire du vin au lieu de le vendre. C’est un exercice instructif et courageux . J’aime l’idée de se permettre à tout instant de s’affranchir du cadre.

Alors le voici le temps d’une cuvée, vigneron au côté d’Édouard Sentex du domaine « Un coin sur Terre ». L’étiquette est parlante « remettre le facteur sur le vélo » l’idée est de proposer une cuvée simple, joyeuse, facile à boire et digeste qui permette au facteur de boire un petit verre et de continuer sa route, une étiquette qui m’évoque un temps où l’on connaissait son facteur et où il était possible d’échanger avec lui…. C’est un vin atypique a mi-chemin entre le rouge et le blanc puisqu’il est issu d’un assemblage d’une parcelle co-plantée de différents cépages blancs grenache blanc, roussane, chardonnay, chenin, Petit Manseng, viognier et d’une cuve de marselan (80%) et muscat (20%).

Le vin tient ses promesse des notes de grenades, de cerise et de pêche une belle matière en bouche soutenue par beaucoup de fraîcheur. Fidèle à ses convictions Nicolas vinifie sans intrants avec seulement un gramme de soufre à la mise pour assurer la stabilité du vin.

Le portrait chinois de Sandrine Schallon

Fabien Gaudin et Sandrine Schallon crédit photo Sandrine Schallon

Ce mois-ci je vous propose de découvrir le portrait chinois d’une caviste pas comme les autres : Sandrine Schallon qui officie au sein du V&B de Rodez. Cet établissement est une institution auprès de la jeunesse ruthénoise, la première fois que j’ai livré du vin c’était un jeudi soir, le parking était noir de monde, j’ai cru qu’il y avait une soirée spéciale et Sandrine m’a répondu incrédule que c’était un jeudi comme les autres… Certains soirs l’équipe monte à quatorze salariés.

Je me suis alors demandée ce qui fait le succès de ce bar à bière/vin ouvert il y a dix ans à Rodez par Fabien Gaudin. A l’époque il n’existait pas autant de petites brasseries artisanales et une offre large de bières était difficile à trouver à Rodez comme ailleurs. (les premiers V&b ont ouverts leurs portes en 2001). La formule afterwork, où l’on peut croiser à la fois des jeunes pour le début de leur soirée mais aussi des travailleurs qui viennent boire un verre après leur journée de bureau est aussi une clef pour comprendre l’engouement. C’est un concept en soi. Enfin, ce qui fait aussi à mon sens le succès de l’établissement c’est l ‘équipe. Une équipe jeune, soudée et dynamique à l’image de Fabien son emblématique gérant qui a toujours le sourire et ne manque pas de projets, puisqu’il a aussi œuvré à l’ouverture d’un V&B à Villefranche de Rouergue et crée sa propre bière. Mais ce mois-ci c’est Sandrine en charge de la sélection et de la vente des vins au V&B que vous découvrirez à travers son portrait chinois. Sandrine a fait ses armes chez différents cavistes de la région avant d’arriver il y a presque neuf ans au V&B. C’est un plaisir pour moi de travailler avec elle. Spontanée, élégante, mystérieuse et pleine d’humour j’ai voulu en savoir plus sur cette mordue du divin nectar.

Si tu étais un vin rouge ?

Une syrah

Si tu étais un vin blanc ?

Un chenin

Si tu étais un vin pétillant ?

Un champagne bien sûr.

Si tu étais un accord mets et vin ?

Des crevettes pimentées avec un crozes-hermitage blanc. Un très bon souvenir

Si tu étais un vin d’un autre pays ?

Une syrah du Maroc

Si tu étais une bière ?

L’estivale de la Calmettoise

Si tu étais un spiritueux ?

Un rhum. Hommage à mes origines

Si tu étais une appellation ou une région viticole ?

Le Languedoc

Si tu étais un vin du Languedoc ?

Un Corbière blanc expressif

Si tu étais un dessert ? 

Je ne suis pas très dessert mais un tiramisu un vrai!

Si tu étais un fromage ?

Je serais un plateau entier.

Si tu étais un moment de dégustation ?

L’apéros!

Si tu étais une recette de cuisine ?

Les endives au jambon.

Si tu étais une spécialité de chez toi ?

Le foie gras.

Si tu étais un cépage ?

Le chardonnay c’est toujours bon

Femmes vigneronnes

Ce mois-ci , j’ai voulu m’intéresser aux femmes vigneronnes , bien qu’encore minoritaires elles sont de plus en plus nombreuses. Dans la sélection Vins d’Avenir, presque toutes les exploitations comptent des femmes à des postes clefs, rarement seules, souvent épaulées de leurs conjoints, de leurs père , de leurs fils ou de leurs frère.

Vous découvrirez plus bas leurs réponses à quatre questions simples autour de leurs statuts de femmes vigneronnes . J’ai choisi de questionner trois femmes qui sont aussi des mères et plus spécifiquement des mères de filles. Véronique Barthe, propriétaire du Château d’Arcole en Grand cru saint Emilion, Charlotte de Bearn au Château de Jonquières en Terrasse du Larzac et Audrey Rouanet de la Nouvelle Maison en Minervois. Leurs réponses sont touchantes et pudiques, toutes vivent leurs féminités comme une force. Étonnamment, elles peinent toutes à se définir féministes, alors qu’à mes yeux il n’y a pas plus féministe qu’une femme qui exerce un métier d’hommes et qui fait fi des préjugés.

Est-ce que tu te considères féministe ?

Charlotte de Béarn : Non je ne peux pas dire que je me considère féministe, les femmes sont essentielles dans le vin mais je ne pourrai pas exercer mon métier si j’étais seule.

Véronique Barthes : Pas du Tout ! Enfin, je veux dire par là que cela n’a jamais été un combat pour moi d’être un femme vigneronne.

Audrey Rouanet:Je ne sais pas si je peux dire que je suis féministe, mais il y a certaines situations qui me font bondir. Il y a quelques semaines avec deux amis vignerons, sur un salon, nous étions en train de goûter un vin, le vigneron a demandé aux deux autres qu’est ce qu’ils faisaient et où est ce qu’ils étaient vignerons mais pas à moi. Comme si inconsciemment, pour lui, une femme seule ne pouvait pas être vigneronne. Il n’y avait rien de méchant mais c’est du sexisme ordinaire et j’y fais plus attention. Les remarques vraiment sexistes sont plus rares, comme récemment un client qui m’a proposé de me payer en nature…(Certains osent tout..)

Dirais tu qu’être une femme est plus un inconvénient ou une force dans ton métier ?

Charlotte de Béarn : Une force ! Les hommes et les femmes sont extrêmement complémentaires dans le vin. Je suis consciente que certains métiers dans le vin sont exposés au sexisme, à la production, en tant que femme cela n’a jamais été mon cas.

Véronique Barthe : C’est plutôt une force car on est encore peu nombreuses. C’est plus facile de sortir du lot.

Audrey Rouanet : Malgré tout, cela reste une force car c’est singularisant et je vois bien que cela suscite l’admiration.

As-tu la même place que ta mère au sein du domaine ?

Charlotte de Béarn : D’un côté oui dans la mesure où je ne fais pas le vin (c’est Clément son mari qui est en charge de la vinification) et d’un côté non car nous avons beaucoup fait évoluer le domaine.

Véronique Barthe : Non pas du tout, ma mère ne s’occupait que de la maison et mon père beaucoup du domaine. Ce n’était pas une question de compétences mais une question de génération. J’ai 56 ans , c’est très récent le partage des taches. J’ai perdu mes parents assez jeune ce qui de fait, m’a obligé à prendre les choses en main très vite.

Audrey Rouanet:Pas du tout. Ma mère s’occupait beaucoup des vignes mais moins de la vinification ou du commerce.

Conseillerais -tu à tes filles de faire le même métier que toi ?

Charlotte de Béarn : Oui, car c’est un métier passion, qui permet de s’exprimer, de s’épanouir, qui offre une grande diversité. Une certaine liberté et une indépendance.

Véronique Barthe : Je leur conseille surtout de faire un métier qu’elles aiment car pour moi le vin c’est une passion, mais en vérité mes trois enfants même s’ils ne travaillent pas dans l’exploitation travaillent dans le monde du vin. Ils ont toujours baigné dedans et visiblement cela leur a donné envie.

Audrey Rouanet : J’espère qu’elle choisiront un métier qui les fait vibrer que ce soit le vin ou un autre. D’ailleurs, je vois souvent des vignerons pour qui « l’héritage familiale » est aussi un fardeau.

Moi je suis repartie de zéro, et je le fais pour moi, pas pour mes filles. C’est une façon pour moi d’être libre et qu’elles se sentent libres elles aussi de faire différemment.

Les nouveautés de Millésime Bio

crédit photos Wilfried Pouzoulas

Chaque année, fin janvier, se tient à Montpellier le grand rendez-vous professionnel des vignerons bio. C’est un moment important de mon année que j’avais malheureusement raté l’an dernier pour cause d’accouchement. Il n’était donc pas question que je manque à l’appel en 2025.

J’ai d’abord été exposante sur ce salon, puis, depuis plusieurs années, j’y vais en visiteuse. J’y ai mes habitudes. Je rencontre mes fournisseurs, c’est l’occasion pour moi de déguster leurs vins, de réactiver ma mémoire olfactive et de découvrir les variations d’un millésime à l’autre. C’est également un moment pour parler commerce et retrouver les vigneronnes et vignerons avec qui je travaille, car vous le savez, je ne vends pas seulement du vin, mais aussi la démarche des gens qui le fabriquent.

Je m’octroie chaque année un moment de dégustation en solitaire. Il y a une œnothèque où l’on peut goûter les vins médaillés du salon, mais aussi au moins une cuvée de chaque domaine. C’est un entraînement technique, mais aussi une première approche avant même d’avoir dégusté : les tendances visuelles, les appellations recherchées ou délaissées. Cela permet également de faire une pré-sélection sur une appellation avant d’aller rencontrer le vigneron et d’éviter un moment potentiellement gênant.

C’est aussi l’occasion de recroiser tout ce petit monde du vin. La vie est ainsi faite : certaines personnes ne font que croiser notre route, mais c’est toujours un moment fort et chaleureux de revoir ceux qui, à un moment, ont fait partie de notre quotidien.

Enfin, c’est le moment où l’on découvre les nouvelles cuvées des vignerons. C’est émouvant : un vigneron qui vous présente une nouvelle cuvée, c’est un peu comme s’il vous faisait découvrir l’un de ses enfants. « Il est différent du précédent, plus ceci, moins cela… » Voici quelques morceaux choisis des nouveautés à venir.

crédit photo Château de Jonquières

Au Château de Jonquières, en Terrasses du Larzac (nouveau domaine de la sélection, dont je vous parlerai bientôt), on découvre la cuvée White Label. Son nom est un clin d’œil à l’industrie du vinyle. À l’origine, les « White Label » sont des vinyles comportant un macaron central vierge, d’où leur nom. Il s’agit souvent de titres ovnis, sortis en dehors des albums classiques, parfois sans autorisation et en très petite quantité. Voilà l’idée que Charlotte et Clément de Béarn ont voulu explorer avec cette cuvée, qui représente pour eux un espace de liberté et qui évolue au gré de leurs envies et du millésime. Cette année, il s’agit d’un 100 % cinsault, offrant un joli nez légèrement fumé et des notes de fruits frais écrasés. Un vin gourmand, facile et souple.

crédit photo Domaine Albert de Conti

Même démarche dans le Sud-Ouest, au Domaine Albert de Conti, où la cuvée Polymorphe voit le jour pour la première fois avec le millésime 2022. Un assemblage de 60 % Malbec et 40 % Cabernet Sauvignon. Un vin gracieux, plein et dense, aux notes de réglisse et de mûre, qui surprend par sa belle longueur en bouche.

crédit photo Domaine Wilfried (raisin coloré issu de macération carbonique)

Au Domaine Wilfried, au cœur de la Vallée du Rhône méridionale, Wilfried et Réjane proposent la cuvée Nara, acronyme de Nouvel Assemblage de Raisins Autochtones. Un vin délicieux, empreint d’une certaine poésie. Il s’agit d’une vinification semi-carbonique de Cinsault et Grenache, cépages provençaux par excellence. Les grenaches sont foulés classiquement, puis les cinsaults sont ajoutés en grappes entières (ce qui nécessite une vendange manuelle et des raisins absolument intacts). La macération des cinsaults se fait ainsi à l’intérieur du grain de raisin, apportant un côté juteux et gourmand à l’ensemble. Il en résulte un vin au nez bien ouvert, aux notes de cerise et d’épices douces, dont la matière en bouche est particulièrement agréable.

Toujours dans la Vallée du Rhône, Thibault Kerhoas n’en finit pas de se réinventer, après de jolis et délicieux cubis cubiques l’an dernier, il crée carrément une toute nouvelle gamme légère et festive avec trois nouvelles cuvées à découvrir d’urgence.

Un rouge fruité: Born to be léger, un rosé frais et gourmand rosé wonderland et un très joli chenin: Chenin is so fresh. Etiquettes funs et vins gourmands à venir !!

Le Clos Roca n’est pas en reste avec ses cuvées éphémères. Grâce à son vigneron œnologue Nicolas Dutour, il ne cesse de ravir nos papilles. Cette année, j’ai découvert deux nouvelles cuvées à Millésime Bio. Roca Mino, un vin blanc 100 % colombard à 10,5°, parfaitement adapté aux tendances du marché qui recherche des vins à faible degré d’alcool. Un vin frais et sympathique.

Plus atypique, un vin doux passerillé à base d’Alicante. Le passerillage consiste à laisser les grappes se dessécher pour que l’eau s’évapore et que le raisin se concentre en sucre. Ici, c’est une belle réussite, parfaitement adaptée à un dessert au chocolat.

Voilà, le Dry January touche se termine (enfin !). Vous êtes maintenant prêts à attaquer février sereinement.

Le Clos du Serre: Mosaïque de terroirs et pureté du fruit

crédit photo clos du Serres

Le Clos du Serres est une exploitation reprise en 2006 par Béatrice Fillon et son mari Sébastien. Sébastien est issu d’une famille de paysans et d’arboriculteurs. Très jeune, il accompagne son père sur son tracteur et en tire un plaisir immense. Sébastien est brillant en mathématiques ce qui l’amène à faire des études et devenir ingénieur.

C’est lors de ses études qu’il rencontre Béatrice. Le couple s’installe à Lyon, et alors qu’ils mènent tous deux une vie confortable de cadres trentenaires, Sébastien ressent l’appel de la terre et décide de tout plaquer pour devenir vigneron. Il retourne à l’école et se forme dans le Beaujolais, où il obtient un BTS viti-oeno. Parallèlement, le couple sillonne pendant des mois tout le pourtour méditerranéen pour trouver leur futur domaine.

En 2006, ils s’installent à Saint-Jean-de-la-Blaquière, au nord-ouest des Terrasses du Larzac, dans une exploitation de quinze hectares. « Nous avons été charmés par le cadre encore très sauvage et préservé, et bien sûr par la richesse des sols. Au départ, c’était le projet de Sébastien, j’ai dû trouver ma place », m’explique Béatrice. Sans aucun doute, elle l’a trouvée… Cette Gardoise hyper sportive retrousse ses manches et apporte une énergie et une volonté de fer à l’entreprise. Munie de photos et de cartes géologiques, elle est venue à ma rencontre dans l’Aveyron, et c’est avec beaucoup de pédagogie et un enthousiasme rafraîchissant qu’elle m’a expliqué les deux grandes spécificités du domaine.

D’abord, la grande diversité des sols : « Saint-Jean-de-la-Blaquière se distingue par une géologie complexe qui en fait l’un des sites les plus remarquables d’Europe, candidat au label mondial Unesco Géoparc. On peut y voir des roches qui remontent à 540 millions d’années. C’est le fil conducteur de la gamme. » Alors que la plupart des Terrasses du Larzac reposent sur un sol argilo-calcaire, au Clos du Serres se côtoient des schistes, des ruffes et des galets roulés. Ainsi, le Saut du Poisson, unique cuvée de blanc du domaine, se trouve sur des sols de ruffes, des terres rouges ferrugineuses qui produisent un vin d’une grande élégance. Assemblage de grenache blanc, rolle et carignan blanc, c’est un vin qui offre un nez ouvert et complexe, où se côtoient des notes de fleurs blanches et de petit beurre, soutenues par une bouche sapide et minérale.

Tandis que, sur les galets roulés qui retiennent la chaleur pour la restituer la nuit, est produite la cuvée Sainte Pauline, un rouge solaire aux notes cacaotées et épicées, avec de très beaux tanins poudrés. Le domaine compte aussi des sols de schistes, où il produit ses deux plus belles cuvées. Les Maros, un rouge ciselé et profond, avec un toucher de bouche tactile et délicat. Quant à l’Humeur Vagabonde, c’est un rouge élevé en amphore, pour une micro-oxygénation qui permet d’obtenir un vin velouté sans lourdeur, avec une palette aromatique complexe aux notes fumées de réglisse et de mûre.

Les cuvées du domaine comptent aussi un Vin de France 100 % œillade (dû à la forme en olive du grain de raisin), cépage autochtone oublié qui produit un vin frais, original, avec une belle longueur et de jolies notes de poivre blanc. Puis, en synthèse des différents terroirs, la cuvée Saint-Jean, référence au village éponyme, offre un Terrasses du Larzac vibrant et d’un exceptionnel rapport qualité-prix. C’est donc une gamme où chaque vin s’exprime avec une personnalité forte. Pour offrir un écrin d’autant plus adapté à chaque vin, Béatrice et Sébastien ont fait le choix de ne pas utiliser de bois dans leurs élevages. Les raisins sont récoltés manuellement vinifiés et élevés en cuves béton pour préserver leur éclat. C’est un choix audacieux et clivant, dans une région où l’on cherche à produire des vins plutôt puissants. « C’est le fruit de plusieurs années d’expérience et d’observation. Nous avons fait des essais dans des foudres, mais rien n’offre une telle pureté de fruit. Le travail est peu interventionniste, l’esprit est d’obtenir l’expression la plus proche du terroir et de la matière première. »

Il semblerait que ces années de travail et ces partis pris engagés soient récompensés, puisque le domaine semble avoir obtenu la reconnaissance de la profession à travers une série de notes élogieuses dans les guides, mais aussi au regard du nombre de revendeurs et de restaurants qui ont, comme moi, fait le choix du Clos du Serres.

2024: Un millésime sous haute tension

Deux mille vingt-quatre, est ce qu’on appelle un millésime “compliqué”.
2024 a commencé avec un printemps pluvieux et froid, propice aux maladies, notamment au mildiou (champignon de la vigne). Ce qui complique le travail des vignerons, notamment en bio, où les traitements lessivables doivent être reproduits dès qu’il pleut.
“C’est un petit millésime en quantité, avec beaucoup de mildiou et de la coulure sur les grenaches” m’explique Amélie du Mas Baudin.
Et rien ne s’est arrangé puisque le mois de septembre a aussi apporté son lot de pluie et d’humidité, histoire de compliquer un peu plus les vendanges.
Sans compter les régions comme Cahors, qui ont énormément souffert du gel cette année. Bref, un millésime qui s’annonce tout petit en quantité, mais heureusement plutôt pas mal du tout en qualité !
Quoi qu’il en soit, les vignerons n’avaient pas besoin de cela. Comme toute la filière agricole, la viticulture est en difficulté, c’est la première année que je la ressens autant.

C’est la première fois depuis que j’ai crée Vins d’Avenir que des vignerons m’écrivent pour m’annoncer qu’ils arrêtent leur activité. C’est la première année où autant de cavistes ferment définitivement leurs établissements.
Je n’aime pas être pessimiste, mais je suis inquiète. Depuis les années 70, la consommation de vin en France ne cesse de baisser (127 litres/an/habitant en 1960 pour 40 litres/an/habitant en 2023). Le vin aliment a disparu au détriment du vin plaisir.
Sauf que même le vin plaisir est fustigé . Récemment, un caviste a confié à son médecin qu’il buvait deux verres de vin par jour et s’est vu interdire son petit plaisir bachique. Je ne fais pas l’apologie de l’alcool et je comprends que, pour diverses raisons, les gens fassent attention. Je suis tout de même frappée de voir à quel point le vin est devenu un produit considéré comme dangereux alors que le sucre et le gras ne cessent d’envahir nos assiettes (et nos artères). Je vois fleurir un peu partout des vins sans alcool” qui seraient prétendument une réponse “healthy” . Permettez moi de rappeler que ce sont des produits ultra transformés très riches en sucre.

 Le vin est un produit français, produit en France et dont l’ingrédient principal est produit sur le territoire. (Ce n’est pas le cas par exemple de la bière qui doit importer une grande majorité de malt et de houblon). Le vin est une vitrine dans le monde entier et l’un des symboles de l’excellence française. Nous devrions chérir nos vigneronnes et vignerons. La filière viticole soutient activement notre économie (3e secteur d’exportation derrière l’aéronautique et les cosmétiques). Nous sommes nombreux à déplorer la politique actuelle d’un monde globalisé qui ne soutient pas nos agriculteurs français, mais nous avons un pouvoir immense:  nous votons avec notre carte bleue.
Bien sûr, le vin ne va pas disparaître demain, mais je n’ai pas envie de voir un monde du vin coupé en deux, où seuls subsistent d’un côté une viticulture quasi industrielle et de l’autre des petits domaines ultra pointus réservés à une élite éclairée et fortunée.

L’obélias: fraicheur et excellence

crédit photo l’obelias

Le restaurant Obélias est un nouvel établissement gastronomique qui a ouvert ses portes à Naucelle, au cœur du Ségala, dans l’Aveyron.

J’ai été particulièrement ravie d’apprendre l’existence d’un tel établissement à seulement quinze minutes de chez moi. Rurale, depuis plus de deux ans et épicurienne depuis toujours, les restaurants de cette envergure ne sont pas légion.

Je suis donc partie à la rencontre de l’équipe pour en savoir plus. Je n’ai pas été déçue!

C’est donc un mercredi d’octobre que j’ai fait plus ample connaissance avec Guilhem Fines et Léonie Salles, les propriétaires de l’établissement  respectivement chef de cuisine pour lui et en charge des desserts pour elle,  entourés de Chloé Vignaud leur amie, sommelière et responsable de salle.

Guilhem est originaire de Toulouse, Léonie du Tarn et Chloé d’Auvergne. Tous trois se sont rencontrés en 2021 alors qu’ils officiaient dans un même établissement. Gilhem et Léonie n’avaient pas prévu d’ouvrir si jeune un établissement “ c’est l’opportunité qui nous a décidés, l’établissement était à reprendre, après avoir pas mal bourlingué dans diverses établissements gastronomique de France et d’ailleurs, ils se sont décidés. Ils ont appelé leur amie Chloé sommelière à la rescousse pour se lancer, il y a à peine un an.

J’ai été très touchée par cette équipe. Par leur jeunesse bien sûr, (la doyenne a vingt-six ans), leur fraîcheur et leur détermination à faire du beau et du bon. Léonie m’explique “Nous souhaitions créer une ambiance chaleureuse, nous avons travaillé au Danemark et nous souhaitions porter cette influence nordique en proposant une ambiance chaleureuse, simple, moderne mais chic.” Des matières nobles, du bois, du marbre. Dans l’assiette, les influences nordiques sont là aussi avec une cuisine avec beaucoup de fermentations et qui fait la part belle aux poissons “Ici nous sommes dans une région d’excellence concernant la viande, mais il est plus difficile de bien manger du poisson, c’est l’une des attentes de notre clientèle. J’aime cuisiner le poisson et le sélectionner, je suis moi-même amateur de pêche.” m’explique Guilhem.

C’est aussi leurs liens qui m’ont ému, que j’ai senti profonds. Guilhem et Léonie forment un couple étonnant où leur parcours se répondent en miroir. Lui était un gamin pas scolaire du tout, qui se retrouve dans des situations difficiles au collège, mais depuis toujours intéressé par la cuisine. A l’âge de 11 ans, il organise avec la complicité de sa grand-mère des repas à thème pour sa famille. Très vite ses parents ont la bonne idée de le mettre en contact avec le monde professionnel. Ce sera la révélation.

A l’inverse, Léonie rêve de faire de la pâtisserie mais c’est une élève sérieuse et studieuse que professeurs et parents tentent de dissuader, conscients de la difficulté du milieu. Elle entame alors des études de commerce mais très vite se rend compte qu’elle n’est pas à sa place. Elle intègre une école de cuisine à Toulouse et rencontre Guilhem en apprentissage . 

Tous deux  se complètent et lorsque j’évoque avec eux la réputation hyper exigeante du monde de la cuisine chacun à sa vision . Pour Guilhem cela reste un passage obligé extrêmement formateur, pour Léonie une façon de faire d’un autre temps à ne surtout pas reproduire. Lorsque je leur demande si le sexisme est toujours aussi prégnant dans ce milieu,  même si elles concèdent des progrès, Chloé et Léonie (pourtant pas bien vieilles) ne manquent pas d’anecdotes concrètes (brimades, écarts de salaires etc) . Comme cette fois où  Chloé demanda si c’était monsieur ou madame qui goûtait le vin et où la réponse fut “Monsieur évidemment! Nous sommes en 2024…

Question vin c’est Chloé la spécialiste, qui cherche à bâtir une carte cohérente qui fait la part belle aux petits producteurs et petites pépites.

Quand je lui demande vers quelle région ses goûts la portent, c’est la Vallée du Rhône qui obtient ses faveurs. Notamment pour la cuisine de Guilhem, elle ne tarit pas non plus d’éloges sur les vins Aveyronnais qui ont fait d’énormes progrès ces dernières années. 

Vous l’aurez compris leurs passions, et leurs engagements sont communicatifs et personne ne s’y trompe puisqu’en quelques mois Obélias a déjà obtenu les faveurs du Gault et Millau et du guide Michelin. 

Le Clos Roca: Modernité au cœur du Languedoc

Nicolas Dutour a commencé sa carrière comme œnologue-conseil au cabinet d’œnologie Dubernet. C’est à ce moment-là qu’il fait la connaissance de Monsieur Aleman et de son exploitation Le Clos Roca. Lorsque celui-ci décède brutalement, Nicolas Dutour, conscient des atouts du domaine, décide de sauter le pas, de prendre les choses en main et de devenir vigneron . Aujourd’hui, il porte une vision résolument tournée vers l’avenir. Hélène Queyssalier,  œnologue au domaine et en charge de la  commercialisation, m’explique “Nous sommes très attentifs à avoir une démarche éco-responsable, nous avons un poulailler et un composteur pour la gestion des déchets. Nous utilisons des cartons recyclés et recyclables. Nous travaillons également avec des matières sourcées le plus possible localement

crédit Clos Roca

Par ailleurs, le Clos Roca dispose de nombreux atouts, les parcelles sont toutes autour du domaine, sur des sols profonds de grave, de basalte et de sol argilo-calcaire. De plus, le domaine dispose d’un encépagement varié qui permet l’expression de cuvées mono variétales particulièrement intéressantes. Chacune avec une identité propre, comme l’heureux élu un 100% grenache assez fin ou encore l’Alicante.: “A la base c’est plutôt un cépage teinturier mais c’est une parcelle de vieille vigne assez exceptionnelle, qui donne un vin aux arômes de cacao et de café torréfié.” détaille Hélène.

Les connaissances techniques de Nicolas et Hélène sont précieuses et leur permettent d’expérimenter beaucoup. Ils ont une vision moderne et n’ont pas peur de tenter de nouvelles façons de travailler. Cette année, ils ont par exemple lancé une gamme éphémère, qui donne un aperçu des vins en sortie de vendanges : ils sont encore troubles de la fermentation, légèrement perlants et surtout extrêmement aromatiques !

La plupart des cuvées sont travaillées en levures indigènes mais ce n’est pas automatique. Le domaine travaille aussi avec la bioprotection “Ces levures son-saccharomyces, ensemencées dès l’entrée du raisin en cuve, facilitent le lancement des levures indigènes tout en évitant le développement de l’acétate et d’autres défauts. Vinifier, c’est maîtriser la biologie du vin sans avoir à le faire au travers de produits oenologiques.”  Revendique Hélène.

Pour trouver une réponse adaptée au changement climatique, l’équipe du domaine a également fait le choix de planter aussi des cépages résistants qui supportent mieux la sécheresse. La volonté du domaine c’est de produire des vins avec le moins d’intrants possible, il n’y a par exemple pas d’élevage avec du bois sur les vins rouges “Nous cherchons à faire des vins modernes, avec de la buvabilité “.
Enfin, ce qui m’a le plus épatée lorsque j’ai goûté la première fois les vins du domaine c’est le rapport qualité prix de l’ensemble de la gamme.

Les petites cuvées sortent autour de 7€ ttc et les grandes cuvées entre 10 et 12€ cela reste donc des vins très accessibles, construits avec une conscience éthique et surtout très bons.
La largeur de la gamme permet d’en trouver pour tous les goûts,  j’aime beaucoup la cuvée Guillaume, veloutée et dense assemblage de syrah, grenache et mourvèdre assez typique d’un vin du Languedoc. Les blancs ont aussi beaucoup de personnalité, notamment la cuvée Lucie assemblage de roussanne, marsanne et viognier qui est un joli vin de gastronomie aux notes de pêche et de noisettes.

Famille Morin: Vignerons d’altitude

Les vignobles du Beaujolais connaissent, depuis quelques années, un beau renouveau. Après avoir été longtemps réduits au Beaujolais nouveau, cela fait déjà plusieurs années que les vignerons tentent de donner une nouvelle image à ce vignoble dynamique qui recèle d’incroyables terroirs. Peu à peu, les mentalités évoluent et le Beaujolais parvient à tirer son épingle du jeu.

Le domaine Morin fait partie de ces domaines qui ont su se réinventer. Pauline et Éric Morin, les parents de Théo, exploitent ensemble des vignes pendant dix ans. En 1999, ils rachètent la maison familiale d’Eric, construisent un cuvage et achètent des vignes à Chiroubles, Morgon et Beaujolais Villages. Ils développent la vente de leurs vins en bouteille tout en continuant la vente au négoce.

L’arrivée de leur fils Théo rebat les cartes. Le jeune homme a fait ses armes à Beaune et fort d’un BTS viticulture-oenologie, il entreprend en 2022 de convertir le domaine en agriculture biologique. L’appellation Chiroubles est le cru le plus élevé de la région du Beaujolais. Le domaine compte 7 hectares dont la déclivité peut atteindre 45 %. Dans des zones aussi pentues, le travail n’est pas mécanisable, ce qui exige un travail manuel important. Qu’importe, Théo, épaulé de ses parents, se retrousse les manches.

Théo propose à ses parents de prendre un virage à 180°. Dans les vignes, dans le chai et dans la commercialisation. “Nous avons orienté nos méthodes de fabrication afin de limiter notre impact sur l’environnement : conception d’un éco-packaging, utilisation d’un papier d’étiquetage recyclé, remplacement des capsules en aluminium par de la cire naturelle, utilisation d’un nouveau bouchon en liège bio non lavé au peroxyde, allègement du poids des bouteilles (20 tonnes de verre en moins sur 10 ans)… ça bouge !” Mais ce n’est pas tout ! Le domaine est également engagé dans une démarche d’agroforesterie et d’enherbement des sols. L’enherbement permet d’apporter de la matière organique et de lutter contre l’érosion des sols. Les vignerons replantent massivement des arbres (frênes, oliviers, pêchers, amandiers) sur les parcelles du domaine afin d’augmenter la biodiversité, le stockage du carbone et d’améliorer la vie du sol.

Cette philosophie se prolonge dans la cave, avec une vision le moins interventionniste possible : des levures indigènes et un peu de soufre uniquement à la mise en bouteille.

J’ai été touché par la confiance qu’Éric et Pauline avaient en leur fils de vingt-six ans et par leur indéfectible soutien à ses projets. Je connais beaucoup de domaines où la vision moderne des plus jeunes se heurte à une vision plus traditionnelle et où la transmission est moins sereine.

Il en résulte ici des vins gracieux, élégants, avec beaucoup de fraîcheur et de persistance aromatique. Le Chiroubles est tout en allonge, avec un nez délicat aux notes de pain d’épices et de cannelle, tandis que le Morgon, sur des schistes rouges, propose un vin plus concentré.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour le Beaujolais Villages en blanc, un chardonnay d’une grande finesse dont l’expression m’a rappelé les vins du Mâconnais cultivés quelques kilomètres plus au nord.

Cerise sur le gâteau, les vins ne sont pas seulement bons, ils sont aussi beaux, puisque les étiquettes des vins de France sont faites par un artiste togolais et représentent des femmes dans les champs. Le domaine reverse une partie des bénéfices à l’artiste, mais aussi à une ONG togolaise qui œuvre pour les énergies renouvelables.

ça roule au Bowling du Rouergue

crédits photos alcapt média

Le Bowling du Rouergue à Rodez est une institution connue de tous, sa notoriété dépasse largement les frontières aveyronnaises, et pour ceux qui lisent cette lettre et qui sont venus me rendre visite il y a fort à parier que vous y êtes déjà passé car c’est  un endroit incontournable pour faire découvrir la gastronomie locale. Aller manger au bowling de Rodez ce n’est pas juste aller au restaurant c’est une sortie en soi, comme aller au cinéma ou à un concert. Et pour cause, le bowling c’est 600 couverts par jour en moyenne et 100 à 200 bouteilles de vins débouchées .

Qu’est ce qui fait le succès de cet établissement ? La très grande qualité de la viande cuite à la perfection, servie avec de l’aligot , des frites ou de la truffade .L’accessibilité de l’établissement adapté aussi bien aux groupes qu’ aux familles, où l’on peut faire une partie de bowling avant de manger un morceau, et où les enfants peuvent aussi jouer dans une superbe salle de jeu et se défouler sur un parcours et une piscine à balle. Aux manettes de cet établissement de renom, la Famille Bastide, Sandra et Jean-Pierre épaulés par le père Gilbert . Et c’est là que réside à mon avis la clef du succès ! La famille Bastide est une famille de restaurateurs qui a des mains en or , que vous mangiez au buron de Born sur l’Aubrac, au Glacier à Villefranche de Rouergue ou à la Route d’argent à Nasbinals une même famille et une même formule à chaque fois: des produits simples mais de grande qualité et des cuissons parfaitement maitrisées. Une équipe hyper disponible et réactive. C’est  Vianney Carrié le sommelier de l’établissement qui a a accepté de répondre à mes questions et de m’ouvrir les portes de cette belle cave. La famille Bastide est aussi pudique et discrète que travailleuse et professionnelle . Avant le bowling, Vianney a fait ses armes à l’hostellerie de Fontanges fort d’une mention sommellerie, il participe ici à la sélection des vins avec Jean-Pierre Bastide, lui même très amateur et connaisseur .

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Lorsque je lui demande comment est construite la carte des vins Vianney m’explique, qu’ils disposent en cave de plus de 150 références « La carte fait la part belle aux vins locaux, beaucoup de vins aveyronnais mais aussi énormément de vins du Languedoc: Pic Saint Loup et Terrasse du Larzac, c’est ce qui a le plus les faveurs de notre clientèle. Nous avons également quelques très belles bouteilles en cave pour les clients qui ont envie de se faire plaisir. » Contrairement à nombre d’établissements où la sélection aux verres est assez pauvre ici il n’en est rien. On a le choix aux verres entre quatre ou cinq rouges et presque autant de blanc. Un établissement de cet envergure est extrêmement sollicité pourtant la sélection se fait simplement et chacun à sa chance. « On déguste souvent le soir après le service. On fait parfois goûter à nos habitués et si un vin nous plait on peut alors l’intégrer à la carte. » Vianney et Jean-Pierre ont fait le choix d’une carte vivante qui évolue un peu tous les mois. Le bowling est un restaurant de viande, alors lorsque je l’interroge sur la proportion de vins rouges ouverts par rapport aux vins blancs , je ne suis pas surprise par la réponse « On débouche environ 80% de rouge contre 20% de blancs et rosés confondus. Et encore ce sont les vins moelleux et le moscato en blanc que nous ouvrons le plus souvent ».A priori conjuguer un établissement de cette taille avec les enjeux environnementaux actuels semble épineux pourtant c’est au cœur des préoccupations de l’équipe « En réalité on n’y est très attentifs, par exemple nous avons pris la décision pour limiter le gaspillage et la surconsommation de viande de commercialiser quasiment intégralement une bête avant d’en consommer une autre, mais c’est une décision qui n’est pas toujours comprise par la clientèle et nous devons faire de la pédagogie sur ce point. »

Quant à ses gouts personnels en matière de vin, Vianney est très ouvert mais à l’image de l’ établissement plutôt porté vers le vin rouge. « J’aime beaucoup le Languedoc et le Bordelais que je trouve injustement traité par les consommateurs aujourd’hui »

.Alors pour les extra-terrestres qui ne connaitrait pas encore cet établissement , n’hésitez pas à venir découvrir l’un des fleurons de la gastronomie locale.