Le domaine Pascal Lambert: Pionniers de la biodynamie au service de leurs terroirs

J’ai découvert le domaine Pascal Lambert, au salon Biotop à Montpellier, il s’agit d’un salon off en marge du salon millésime bio. Plus petit et assez pointu, notamment avec beaucoup de domaines portant des vins dits natures. Malheureusement, ce jour là, j’ai goûté énormément de vins déviants mais au milieu de tout cela le domaine Pascal Lambert qui produit des vins de chinon purs, nets et construits. J’ai tout de suite eu envie de travailler avec le domaine.

Aujourd’hui je suis heureuse de vous en apprendre un peu plus sur ce domaine qui est devenu en une trentaine d’années seulement, une référence dans le monde de la biodynamie ligérienne.

Parti de rien, c’est en 1987 que Pascal Lambert s’installe au dessus du village de Cravant-les-Coteaux, avec sa femme, son chien et sa caravane. Il réussit à récupérer au départ 5 hectares et construit son chai. Les premières années sont difficiles, mais assez rapidement Pascal fait le choix de produire des vins pointus en travaillant sur des terroirs sélectionnés et des élevages aboutis capable de mettrent en avant les sélections parcellaires.

Pour cela, il n’hésite pas à aller chercher des terroirs qui l’intéresse. Il complète les sols de plaine alluvionnaires de Cravant-les-coteaux en faisant l’acquisition de nouvelles vignes à Chinon, des calcaires à silex ou encore des calcaires jaunes réputés pour être de grands terroirs. Parallèlement, il affine sa vision de la viticulture et souhaite rapidement, dès les années 90, se tourner vers une autre culture. Il commence, dès cette époque à supprimer les désherbants et les insecticides, c’est en 2005 qu’il est certifie en agriculture biologique et à la fin des années 2000 qu’il passe en biodynamie. A ce moment là, le domaine connaît une véritable croissance tant dans sa taille que dans sa notoriété. Il est aidé par les salons renaissance de Nicolas Joly et le Grenier Saint Jean qui s’opposent aux grands salons du vins de l’époque, et font de la Loire et de certains de ses vignerons une région pionnière dans la viticulture bio et biodynamique.

« Il faut dire que Pascal Lambert croit beaucoup au pouvoir du collectif, il s’engage et se syndicalise. Jusqu’à il y a peu, il était l’administrateur de la Levée de la Loire. Aujourd’hui nous avons créé une association  avec d’autres domaines biodynamistes pour mettre en commun les préparations» m’explique Eric Taunay responsable commercial de l’exploitation depuis dix ans qui s’est fait une place au milieu de la famille Lambert. C’est assez rare un commercial qui reste aussi longtemps dans un domaine. Lorsque je l’interroge, Eric me répond avec franchise « Je m’y sens bien, je peux toucher à d’autres aspects que le commercial pur et ici il y a une philosophie très humaine. Nous avons par exemple un potager commun que nous partageons avec d’autres salariés. Pascal a un fort caractère mais c’est quelqu’un de curieux, ouvert. C’est plaisant. »

Petit à petit Pascal imprime sa forte personnalité dans ses vins . Il affine également les conditions d’élevage des vins. «Il y a 15 ans l’élevage c’était principalement du bois, aujourd’hui on trouve des amphores, des cuves ovoïdes, du grès qui permettent des échanges très intéressants entre le vin et l’air »

Aujourd’hui la gamme compte treize cuvées, sept terroirs différents et de nombreux contenants en bois en terre en ciment ou encore en inox. Cette gamme large permet de trouver des vins pour tous les goûts
Un travail pointu tant dans les vignes que dans la cave qui se retrouve dans le verre avec de jolis vins désaltérants et gourmands aux notes de fruits rouges et salivants tel les Perruches et des vins beaucoup plus ambitieux comme la cuvée « Les Puys », sélection parcellaire issue d’un terroir de calcaire à craie jaune. très bel équilibre entre des fruits bien mûrs et une bouche veloutée avec néanmoins une pointe de tension.

Bonne nouvelle, Beatrice et Pascal Lambert ont un fils, Antoine, ancien boulanger qui a déjà intégré l’équipe et sera prêt le moment venu à prendre la relève. Ce qui laisse présager encore de beaux millésimes au domaine .

Céline Bros: Le cœur, les fleurs et la raison

L’histoire de Céline Bros est particulièrement inspirante, elle dit beaucoup de choses sur l’entrepreneuriat. D’abord, que  c’est en se trompant qu’ensuite on réussit. Très souvent le succès est une histoire de personne et de moment, et pas seulement d’abnégation et de travail. J’avais déjà écrit au sujet de Céline, il y a quelques temps lorsqu’elle avait créée Ramène ta fraiz. Je trouve très chouette de suivre les gens dans leurs évolutions professionnelles car aujourd’hui une carrière ce n’est plus une longue ligne droite mais des changements, des détours, la route est parfois sinueuse et c’est tant mieux.

Céline quitte son emploi dans l’automobile, et monte début 2020 Ramène ta Fraiz. C’est à ce moment là que je fais sa connaissance. Je trouvais le concept super et nous avions collaboré, nous sommes par la suite devenue amies. Elle proposait des produits de bonne qualité en circuit court uniquement, beaucoup de produits bios et de petits producteurs. Et même si elle arrive à ce moment là à aligner son travail à ses valeurs , elle parvient plus difficilement à en vivre.
Céline travaille beaucoup, sillonne le Gard avec son petit camion, mais au bout d’un an, elle fait le constat que son entreprise est difficile à rentabiliser. « Je m’épuisais en voiture, j’avais du mal à développer une clientèle fidèle, j’étais complètement tributaire des approvisionnements des petits producteurs qui bien souvent préféraient vendre eux-même aux particuliers via leur réseau. Je perdais souvent le peu de marge qui me restait en essence. Parfois je livrais un client et je savais que je ne gagnerais rien. » Une nuit d’insomnie, Céline surfe sur les réseaux sociaux et découvre le concept de ferme florale. « Je vois la vidéo d’une jeune femme qui produit ses fleurs et les vends à Paris. Je cherche d’autres exemples de ce genre et en trouve un peu partout en France (Dans l’Aveyron il y a la ferme de Veillac qui propose le même concept), je découvre également le collectif de la fleur française, association qui milite pour soutenir le développement de la fleur française locale et de saison » (Aujourd’hui 80% des fleurs utilisées en France sont importées. Les modes de production des fleurs étrangères sont difficilement traçables, qu’il s’agisse des conditions de travail ou de l’emploi d’intrants qui abîment notre planète) . La graine est plantée dans la tête de Céline. « Je me suis dit qu’elles avaient crée le business model dont je rêvais.  J’ai toujours été passionné de fleurs et j’ai toujours eu besoin d’avoir de la créativité dans ma vie, mais je voulais rester chef d’entreprise. » Et puis parallèlement Céline achète un terrain avec son compagnon et il se trouve un champs juste à côté, que le propriétaire l’autorise à exploiter. « Tout se mettait en place pour que j’essaye ». Ensuite, cela s’enchaîne assez vite. Les étoiles se sont alignées, au printemps 2021 elle stoppe son activité de commerce alimentaire, en juin 2021 elle récupère son terrain qu’elle fait labelliser bio immédiatement, et commence ses premières ventes à Noël avec des couronnes et des fleurs séchées.

L’activité se développe, Céline assure la décoration florale de différents mariages, mais ses revenus ne sont pas encore suffisants pour en vivre pleinement. Elle réfléchit à travailler en mi-temps à côté pour compléter, le temps que son activité se développe. « Je n’arrivais pas à m’installer sur un marché qui soit suffisamment passant, celui qui me faisait rêver c’était Uzés mais il y avait déjà une fleuriste, et en plus c’est une amie. » Finalement, cette amie décide d’arrêter et offre sa place à Céline. C’est une chance inespérée , le marché d’Uzès devient une véritable bulle d’oxygène pour la jeune agricultrice, financièrement bien sûr, mais humainement aussi « Les commentaires des clients me font beaucoup de bien. Récemment un client m’a dit : « je n’aime pas les fleurs d’habitude mais j’aime vos fleurs ! »
Il faut dire que Céline a beaucoup de goût, ses fleurs sont autant un régal pour les yeux que pour le nez. Je dirais aussi que son enthousiasme est palpable et forcément les gens le sentent. Alors si vous voulez découvrir Céline et ses belles fleurs. Rendez-vous le mercredi matin sur la mythique place aux herbes à Uzès .

Touósto: des tartines de courage et de talent

Je suis régulièrement sollicitée pour donner mes bons plans restaurants, alors si vous passez dans l’Aveyron voilà une adresse que je vous recommande vivement. C’est à mes yeux l’un des restaurants les plus raffiné de Rodez. Emilie et Edouard sont jeunes et pourtant il y a beaucoup de personnalité dans cet établissement.  J’ai voulu en savoir plus sur leur rencontre et la génèse de Touósto 

Au sein du restaurant, Emilie  propose une cuisine raffinée qui fait la part belle aux légumes. C’est toujours épatant les chefs qui cuisinent les légumes. Cela me semble tellement  plus difficile de sublimer une carotte qu’une truffe ou une gambas. Pourtant, intégrer une cuisine ne fut pas si simple pour cette jeune femme discrète et sensible qui cache  une détermination à toute épreuve.

« J’aimais beaucoup le service et je me suis heurtée au sexisme inhérent au monde de la cuisine. Mon premier stage en cuisine, on ne voulait pas de moi. Ma mère a dû insister. » me raconte t-elle « Autre exemple : l’un de mes prof à l’école hôtelière, m’avait dit devant toute la classe : » Toi tu es sensible. Je vais te faire pleurer « . Percevoir la sensibilité comme une faiblesse et non comme une force, (surtout dans un métier créatif) me semble d’un autre temps… C’est d’ailleurs à l’école hôtelière qu’Émilie et Edouard se rencontrent . Elle intégrera un BTS, tandis qu’il suit de son côté un master. Finalement, en BTS un chef convaincu de ses compétences finit par donner sa chance à Emilie, et lui permet de s’épanouir dans une cuisine. Elle s’y sent à sa place. Tous les deux finissent par se retrouver en stage au Relais de la Poste à Neuvéglise dans le Cantal, elle a 19 ans et officie en cuisine, tandis qu’Edouard a lui 23 ans et gère la salle. C’est d’abord une alchimie professionnelle entre eux. Edouard, manager et fin gestionnaire dans l’âme, lui, a tout de suite déceler le potentiel d’Emilie. Il comprend vite de quoi elle est capable et n’aura de cesse de la pousser à se dépasser. Cette complémentarité, l’admiration mutuelle et le respect qu’il existe entre eux et à mes yeux le ciment du succès du restaurant.« Souvent , il existe une petite rivalité entre la salle et la cuisine qui se renvoient la balle en cas de problème. Nous, cela fonctionnait tellement bien qu’à partir de ce moment là, on s’est dit qu’un jour on monterai une affaire ensemble ». m’expliquent t-ils.

Le temps passe, ils font chacun leurs expériences dans différents établissements, ils restent en contact et petit à petit se rapprochent…Emilie intègre le café Bras où elle s’épanouit, tandis qu’Edouard travaille à la petite Auberge à Bezonnes. Puis arrive le confinement.

Alors qu’Emilie ramasse des cerises dans un arbre, elle fait une mauvaise chute qui l’immobilisera pendant sept mois. «  C’était très difficile, je souffrais beaucoup et les progrès étaient très lents. Moralement c’est très dur ». Edouard a alors une idée lumineuse, pour sortir sa belle de son cafard, il décide de proposer des brunchs à emporter. Ils se mettent alors au travail dans la cuisine de leur appartement. «  Au départ on faisait environ 25 brunchs et au bout de trois semaines on envoyait 50-60 brunchs par semaine. Cela m’a redonné confiance en moi. Les retours des clients m’ont fait chaud au cœur. Et je pouvais travailler à mon rythme. Cela m’a permis de remonter la pente. » A la fin du confinement , Émilie retourne travailler au Café Bras en mi-temps thérapeutique. « Je n’y retrouvais pas ma place. J’avais forcément moins de responsabilités et physiquement, de nouveau , je me sentais en souffrance et en échec ». Malgré la bienveillance de son responsable, Emilie perd son assurance fraîchement retrouvée. Pour Édouard s’en est trop .« Tout le travail qu’on avait réalisé avec les brunchs étaient en train de partir en fumée. L’idée d’ouvrir un établissent commence à se préciser dans ma tête. Les brunchs nous avait donné confiance, j’ai donc commencé à chercher un lieu . Ce local place du Bourg qui est aussi la place du marché m’a paru inespéré »

Fin septembre 2021 Émilie démissionne du café Bras et ils signent le bail en décembre 2021. Les travaux commencent, et le restaurant ouvre le 6 avril 2022.

Une formule originale , ouvert du jeudi midi au dimanche midi le restaurant propose un menu unique le midi qui évolue au grès des saison et du marché où, Emilie déniche parfois des légumes anciens, oubliés, (comme ces délicieux scorsonères (genre de salsifis) que j’ai dégusté lors de ma dernière visite) En soirée ce sont des tapas soignés et délicats . Le tout accompagné d’une carte des vins particulièrement originale et personnelle. Tant dans la présentation que dans le choix des vins. Pour Edouard, le vin est une affaire sérieuse « Je mets un point d’honneur à me rendre dans les vignobles et à rencontrer des vignerons. Je travaille aussi avec des cavistes locaux et des fournisseurs plus atypiques pour avoir une carte surprenante et des vins que l’on ne trouve pas partout. » Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, le dimanche c’est un délicieux brunch qui est servi au comptoir et à l’assiette. D’ailleurs pour ce qui n’aurait pas compris Touósto cela veut dire tartine en occitan.

Coste Moure

J’ai rencontré Eudes Gerardin par l’intermédiaire de Benoît Locatelli, il y a plus d’un an. A ce moment là je n’envisageais pas d’intégrer une nouveauté à la sélection. Et même s’il est toujours plus facile de travailler avec des gens dont l’envie est réciproque, c’est surtout son enthousiasme et sa foi en son jeune domaine qui ont achevé de me convaincre de donner une chance a ce vignoble. J’ai bien fait ,car non seulement les vins sont bons et prometteurs, mais c’est une histoire de rencontres, d’amitiés et de solidarité vigneronne comme je les aime.

Coste Moure est un domaine de 4,5 hectares et demi situé à Gajan entre Nîmes, Uzès et Quissac. C’est un plateau calcaire perché sur le Mont Duplan.
C’est un jeune domaine crée en 2018. Par Eudes Gerardin, Romain Tissier et Mickaël Fabre.

Lorsqu’Eudes Gerardin s’installe dans le Gard c’est pour travailler en tant que chef de culture au Château Nages propriété de Michel Gassier. (Grand domaine, c’est l’un des fleurons de l’appellation Costières de Nîmes.) Il s’installe alors à Gajan avec sa famille. Il y découvre le Mont du Camp « J’ai tout de suite eu un véritable coup de cœur pour ce lieu. C’est une colline arborée de garrigues, de pins…Avec une belle végétation luxuriante. C’est un terroir profond et calcaire qui offre la possibilité de produire des vins du Sud avec de la fraîcheur. L’endroit est exposé Est et Nord, balayé par le Mistral et entouré de Garrigues. Ce qui nous protège assez judicieusement des parasites et donc des maladies » M’explique Eudes. Il sympathise donc avec les gens du coin et fait la connaissance de Renaud André, retraité, qui exploite des vignes en tant que coopérateur, mais en vinifie une petite partie lui-même au domaine de la Barque.. « Là encore je suis impressionné par la qualité des vins qu’il produit de manière somme toute artisanale »
En 2018 Renaud André souhaite lever le pied et décide de libérer, une partie des vignes, du fermage qu’il exerçait.

Le propriétaire Romain Tissier n’est pas viticulteur mais originaire du lieu et amoureux du coin lui aussi. Il souhaite valoriser ces vignes et en faire quelque chose. Il en parle alors à Mickaël Fabre viticulteur qui propose à Eudes de participer à l’aventure et de créer ensemble un domaine viticole. (Aujourd’hui ils ne sont plus que deux, puisque Mickaël Fabre a décidé de quitter l’aventure)

« J’ai tout de suite été emballé par le projet, c’était l’opportunité que j’attendais pour me réaliser, mais j’avais besoin d’en parler avec Michel Gassier. » Celui-ci a réagi avec beaucoup d’intelligence et d’élégance « Il a tout de suite compris que j’étais un gars de la terre et que j’avais un désir profond de faire mon propre vin.  Il s’est comporté en ami, il m’a proposé de prendre part à cette aventure en parallèle de mon travail au domaine, et nous apporte aujourd’hui un précieux soutien logistique puisque nous vinifions et stockons les vins au Château de Nages. »

Côté vins, la gamme compte aujourd’hui trois vins, un de chaque couleur. Tous en Vin de France  » Au départ, mes associés étaient réticents à sortir du systeme rassurant des appellations, mais pour moi c’était l’opportunité de jouer la carte de la créativité et de la liberté. »

Le blanc 100% Macabeu millésime 2020 est une réussite avec une belle matière, de la chaire, mais une finale salivante et de beaux amers. Le rosé est un rosé très fin, délicat et juteux aux notes de rose, de pêche et de cédrat. Enfin le rouge est un assemblage de syrah grenache qui démontre le potentiel du domaine Coste Moure a produire des vins frais et élégants. Loin des vins méditerranéens parfois très (trop?) solaires.

Et pour avoir eu la chance de goûter les millésimes précédents il ne fait aucun doute que le style va continuer à s’affirmer. C’est aussi la volonté du vigneron « Nous avons planté de nouveaux cépages et l’objectif des années à venir est aussi de réfléchir à la préservation de nos ressources en eau. Nous travaillons sur des solutions comme le couvert végétal et des panneaux foliaires ouverts. Nous sommes également intéressés par la polyculture et nous avons engagé la plantation de chênes truffiers« 

De beaux projets en perspective.

Amélie Bonnard du Mas Baudin

Ce mois-ci c’est Amélie Bonnard, qui répond à mes questions. Amélie et Vincent Bonnard(son frère) ont repris le domaine familial, le Mas Baudin situé dans la partie gardoise de la Vallée du Rhône. Amélie est une fille épatante . Mélange de grande intelligence et d’humilité. Elle a démarré son premier potager à 9 ans, elle est capable de réparer un tracteur, coudre un déguisement à ses enfants, leur fabriquer un cheval à bascule bref elle sait TOUT faire mais surtout …Produire de bons vins! Nous avons démarré notre collaboration en plein covid et je suis très heureuse du succès des vins dans la sélection. C’est aujourd’hui l’occasion pour vous d’en apprendre un peu plus sur cette fille qui, ce qui ne gâche rien, est en plus très sympa.

1) Ton premier souvenir lié au vin ? 

Le foulage à la main à la parcelle lors de nos vendanges à la main

2) Ta plus grande émotion vin ? 

Un Plan de Dieu extraordinaire, un coup de foudre

3) Un millésime marquant ?

2014 . La récolte était trop mauvaise nous n’avons pas pu faire de vin.

4) Ta (tes) région (s) de prédilection ? 

Loire et Bourgogne

5) Ton cépage préféré ? 

La Syrah

6) Que trouve-t-on dans ta cave ? 

Je ne garde rien, je découvre, je partage

7) Une bouteille pour un repas en amoureux ? 

C’est fini ça…Mais au cas où, un Saint Véran…

8) Un bouteille à ouvrir entre amis ? 

Le Sauvignon Friandise de Thibault Kerhoas. (Domaine Deacroix Kerhoas)

9) Une bouteille pour un repas d’été?

Arlezzo rosé bien sûr!

10) Un vigneron encore peu connu que tu recommandes ? 

Bruno Clavelier vigneron à Vosne Romanée

11) Un accord mets et vins original ? 

Roumiou et un tajine aux pruneaux

Les 5 infos à retenir de l’étude SoWine/Dynata

1) Les français préfère la bière au vin.

Cela fait déjà plusieurs années que c’est le cas et même si les deux boissons sont au coude à coude. L’écart est beaucoup plus important chez les jeunes. Le développement phénoménal des brasseries en France peut expliquer en partie cette progression, peut être également aussi la montée des températures. Quoi qu’il en soit séduire les jeunes reste le défi de demain pour l’industrie viticole.

2) 93% des français déclarent consommer du blanc contre alors que seulement 88% déclarent consommer du vin rouge.

Je ne suis pas du tout surprise par ce changement de paradigme. Les habitudes de consommation ont évolué et le fait de manger moins de viande rouge laisse la part belle aux accords avec les vins blancs. Dans la sélection Vins d’Avenir il y a presque autant de vins blancs que de vins rouge.

3) Le premier critère d’achat reste le prix

Ce n’est pas une surprise, plus que jamais la question du prix est primordiale, devant la région.

4) Les français déclarent que leur région préférée est le Bordelais

Je dois avouer que cette réponse m’a beaucoup surprise car cela ne se reflète pas dans mes ventes, ni celles de mes clients. J’ai donc passé un coup de téléphone à l’agence Sowine qui m’a confirmé qu’il y avait peut être un biais cognitif mais que c’était la réponse qui revenait depuis plusieurs années malgré le « bordeaux bashing ». On peut donc supposer que Bordeaux malgré tout reste aux yeux des français une belle région viticole.

5) Plus d’un acheteur sur deux prend le temps de vérifier si la bouteille bénéficie d’un label environnemental

C’est à mon sens une excellente nouvelle , cela veut dire que les gens sont sensibilisés. Ce chiffre grimpe à près de 70% des acheteurs lorsqu’il s’agit des 18-25 ans. Là encore on ne peut que se réjouir que les jeunes soient aussi sensibilisés à l’environnement

SOURCE

Sowine.com

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Le raisin social club de Nicolas Chevrier

Nicolas Chevrier a ouvert le raisin Social Club, rue bonfa à quelques encablures du centre ville de Nîmes. Cette cave est un endroit chaleureux où Nicolas organise de nombreuses dégustations. On peut y croiser des vignerons tout aussi sympathiques et engagés que le propriétaire des lieux. Sur les étagères , joyeux mélange de jolis canons de jeunes vignerons et de belles références plus implantées . Nicolas n’en ai pas a son coup d’essai , il avait crée la Mère Minard avec Illan Hubner il y a quelques années, et c’est aujourd’hui en solo qu’il trace sa route. Tant mieux pour nous, cela double l’offre de bons vins dans le Gard.

Nicolas Chevrier a axé son offre avec un large choix de vins natures et biodynamiques et sans être un ayatollah de la question, Nicolas prône une viticulture plus saine et des vins moins classiques. « J’ai commencé à boire des vins natures pour des questions éthiques et j’y suis resté par goût, j’ai bu des vins différents moins standardisés que d’habitude. Par ailleurs, ces gens sont très souvent humainement accessibles et engagés. Cela compte beaucoup pour moi. C’est l’amitié et l’affection que je porte à Thierry Forestier vigneron du domaine Les monts de Marie (installé à Souvignargues au pied des Cévennes) qui m’a permis de mettre un pied dans cet univers il y a plus de 18 ans. »

Et lorsque nous débattons avec Nicolas de la qualité des vins natures (très inégales en fonction du domaine selon moi) je repars avec une bouteille des Monts de Marie offerte par Nicolas pour me faire une idée. Voilà donc ce qui vous attend si vous passez la porte du raisin social club. Engagement passion et générosité. C’est avec le même enthousiasme que Nicolas a accepté de se prêter au portrait chinois

Un vin rouge : Frisson des cîmes de chez Curtet

Un vin blanc : Coccinelle de chez Rols

Un Pet Nat : Bulle Nature de chez Vaillant

Un accord met vin : Des rognons de veau grillés avec Oréa de chez Inébriati

Vin d’un autre pays ; le Rkatsitelli de Chona’s Marani

Un spiritueux : Jeune et Vrillé de chez Quentin le Cleac’h

Une appellation : Je serais Vin de France

Un vin du Languedoc : Classe de Jeff Coutelou

Un dessert / Une tarte aux pommes

Un fromage : Un pélardon entre deux

Un moment de dégustation : chez un vigneron – ne 

Une recette : Le Pot au Feu

Un vigneron : Xavière Hardy en côteau d’ancenis

Une spécialité de chez moi : Le gratin dauphinois

Un cépage : la Mondeuse

Le juste prix

Il y a quelques années, lors d’un dîner avec des amis vignerons je leur ai demandé jusqu’à combien ils seraient prêt à payer pour une bouteille de vin. Je fus surprise de constater que le prix le plus élevé étaient 45-50€. J’imaginais plus. Je dois dire que cette discussion m’a énormément marqué.

Cette anecdote illustre à elle seule combien le prix du vin est un sujet vaste et polémique, que je ne saurai aborder dans son entièreté en quelques lignes. Pour autant, il me semble avoir semé au fil des ces newsletter les graines qui vous permettront d’être mieux armés pour comprendre le prix juste. Cet article se veut être un pense bête pour vous permettre au moment de l’acte d’achat de vous poser les bonnes questions.

Il existe de nombreux facteurs qui influent sur le prix du vin. En voici donc quelques uns :

  • L’environnement dans lequel évolue le vigneron est un premier élément. La taille du vignoble qui permet de faire des économies d’échelles, son accessibilité ( mécanisable ou non). On comprend aisément que des vins des coteaux escarpés de l’appellation Saint Joseph soit plus difficile à travailler que des vignes en plaines du sud de la Vallée du Rhône. Le prix du foncier a une incidence notoire sur l’appellation, et si la zone géographique est très limitée elle peut faire l’objet d’une forte spéculation. C’est ce qui se passe en Bourgogne.
  • Les pratiques culturales vont avoir un impact direct sur le prix du vin. Le choix des cépages (productif ou non) tardif ou non, fragile ou non, riche en jus etc. Le type de taille, la taille en gobelet par exemple n’est pas mécanisable et demande un travail humain important.
    Le degrés de mécanisation du vignoble, pour les traitement mais aussi pour les vendanges. La main d’œuvre humaine plus précise coûtent plus cher. Pratiquer une agriculture biologique ou biodynamique coûte en moyenne 30% de plus au vigneron qu’une agriculture conventionnelle. Cela impacte forcément le prix final du vin.
  • L’effet millésime et avec lui les rendements produits. Une année où il a gelé comme en 2021 a vu les prix beaucoup augmenter. Les vignerons pour rentrer dans leurs frais ont dû augmenter le prix de leur bouteilles . Pour certains c’est une question de survie pour d’autres un effet d’aubaine.
  • En cave aussi les choix du vignerons ont une incidence sur le prix. Par exemple, plus le vigneron a de cuves plus il pourra proposer une lecture fine de son terroir et des ses parcelles mais plus c’est coûteux en investissement. Les contenants et la durée de l’élevage auront également une incidence sur le prix du vin. Un fût de chêne neuf coûte cher et doit être renouvelé régulièrement.
    En outre un vin qui est mis sur le marché six mois après les vendanges coûte moins cher qu’un vin que l’on élève 18 mois en cave.
  • Les matières sèches choisies: le verre, le bouchon, le papier, le carton peuvent varier considérablement en fonction du rendu choisi. C’est d’ailleurs souvent un indicateur. Bouchon en liège et carton plat souvent réservés à des vins plutôt haut de gamme.
  • Enfin, les canaux de distribution choisis ont également leur importance. Dans notre jargon il y a le réseau traditionnel (caviste, restaurant, agent, et vignerons) et le réseau GMS grande et moyenne surface ( les supermarchés). Il faut du vin pour tous bien sûr, mais l’immense majorité des vins vendus en supermarché sont des vins vendus à bas prix produits par de très grosses entreprises (négociants ou caves coopératives essentiellement). Le supermarché pratique des plus faibles marges et misent sur les volumes pour gagner sa vie. A l’inverse, le réseau traditionnel fait travailler l’économie d’une filière avec beaucoup de petits acteurs indépendants, cavistes, restaurateurs, agents, grossiste pour qui le prix n’est pas le seul critère.

On dit souvent qu’on vote avec sa carte bancaire. Alors votez bien!

En finir avec le « Bordeaux bashing »

« J’aime tout sauf les bordeaux ! » Combien de fois ai-je entendu cette triste phrase . Le bordeaux bashing ne date pas d’hier, depuis que je travaille dans le vin, les vins de Bordeaux sont boudés par les consommateurs français. Pourtant, il me semble que les choses sont en train de changer. Peut être le résultat des efforts des vignerons bordelais pour moderniser et dynamiser l’image de leur vignoble. J’aimerais revenir sur ce phénomène qui me semble fou et injuste, et tordre le cou à ces a-prioris en quelques questions

Les vins de Bordeaux sont-ils trop chers ? VRAI ET FAUX (mais surtout faux)

Cette représentation n’est pas sans fondement. Dans les années 2000 les prix de certains grands vins à Bordeaux se sont envolés. La forte demande asiatique a créé une grande inflation et certains domaines n’ont pas été raisonnables. Ils en payent aujourd’hui le prix. Pour autant, il existe des rapports qualité prix incroyables à Bordeaux. C’est le cas du blanc sec du Château Suau à Cadillac, assemblage de 80% sauvignon blanc, avec 20% de sémillon . Un vin blanc plein de pep’s, aromatique et salivant. Vendu moins de 10€ chez un caviste. Idem pour les cuvées Eos du Moulin de Rioucreux porté par Guillaume Guerin en Blaye côtes de Bordeaux, tant en vin rouge, qu’en vin blanc. Des vins souples , faciles d’accès, avec de très jolies étiquettes, ce qui ne gâche rien. En outre, ces deux domaines sont en agriculture biologique.

Les vins de Bordeaux sont (trop) tanniques ? FAUX

Certains grands vins de Bordeaux sont taillés pour la garde. Une garde longue parfois plus de 20 ans. C’est un savoir faire exceptionnel des vignerons français qu’on ne peut balayer d’un revers de la main. Pour qu’un vin puisse tenir dans le temps il est nécessaire qu’il ait une structure solide . En revanche, il existe aussi des vins ronds et gourmands à Bordeaux. Le merlot, le cabernet franc permettent d’avoir des vins pleins de buvabilité. Il existe aussi des vigneron-(nes) capables de produire des vins équilibrés. C’est le cas de la pétillante Véronique Barthe qui produit au Château d’Arcole un Saint Emilion grand cru (en biodynamie s’il vous plait) velouté et plein. Très agréable en l’état mais qui laisse présager aussi un long potentiel de garde. J’ai récemment ouvert un magnum de 2010 et autant vous dire que j’ai pris une petite claque.

Les bordeaux sont trop standardisés? FAUX

Là encore il me semble qu’il s’agit d’un faux procès issu de représentations et non de la réalité.
J’aimerais vous raconter une anecdote à ce sujet. Lorsque je donnais des cours de dégustation à des sommeliers-cavistes nous avons fait une dégustation de vins de bordeaux et les qualificatifs des élèves me semblaient assez sévères. « herbacé » « végétal » « trop tannique » etc. Malgré mes efforts pour essayer de les faire sortir de leurs a-priori , je me heurtais à un mur. En fin de formation, j’ai organisé plusieurs dégustations à l’aveugle dans lesquelles j’ai glissé quelques bouteilles de Bordeaux … Et le miracle se produisit les vins de Bordeaux se révélaient « gourmands » « fluides » « frais ».

Les vignerons Bordelais ne sont pas sensibles à l’agriculture biologique? VRAI et FAUX

Jusqu’à peu le vignoble bordelais était effectivement à la traîne face à des régions comme le Languedoc ou la Vallée du Rhône. Aujourd’hui ce n’est plus le cas et les Bordelais se convertissent massivement. Le département de la Gironde est celui où l’on trouve le plus de vignoble en bio et en conversion. De nombreux domaines se sont tournés vers l’agriculture biologique même si le démarrage à Bordeaux a peut être était plus long . On peut tout de même noter que l’humidité d’une région océanique comme le Bordelais rend la conversion à l’agriculture biologique plus difficile

AOP pour le meilleur et pour le pire

Côtes du Rhône, Pic Saint Loup, Châteauneuf du pape, Champagne… Toutes ces dénominations dans le vin sont des appellations d’origines contrôlées, elles sont censées permettre au consommateur  de s’y retrouver tant sur l’origine du vin que sur un certain niveau de qualité attendu. Les AOP sont définis par un cahier des charges, sorte de règlement de l’appellation. Le cahier des charges définis des éléments tels que la couleur autorisé, les cépages, la taille, les rendements ou encore les méthode de vinification. Si les appellations ce sont parfois révélées trop rigides et mal adaptées aux évolutions viticoles elles permettent néanmoins de comprendre les origines des régions de production.  Il est particulièrement intéressant d’apprendre à décrypter le cahier des charges des appellations, cela permet de comprendre (ou pas) le bien fondé du prix d’un vin par exemple. Ce mois-ci  j’ai choisi les quatre appellations citées plus haut à titre d’exemple. Certaines informations dans un cahier des charges sont très techniques mais d’autres simples permettent de comprendre rapidement les données clefs d’une appellation. Nous nous attacherons aux indications suivantes.

La Couleur

En appellation Pic Saint Loup seul les vins rouge et rosés sont autorisés , le vin blanc est interdit , en Champagne c’est le vin rouge qui est interdit et en Châteauneuf du pape seuls les vins blancs et rosés ont droit de cités. Enfin , en Côtes du Rhône, les trois couleurs sont bel et bien autorisées

Lieu de production

Dans un cahier des charges sont citées une par une toutes les communes qui peuvent prétendre à l’appellation. Une distinction est toujours apportée entre l’aire où les raisins sont récoltés et l’aire où les raisins sont vinifiés. En général dans l’aire de vinification s’ajoutent quelques communes.

Là encore les différences entre les appellations sont édifiantes. Tandis que l’appellation côtes du Rhône s’étend sur 6 départements et près de 1800 communes. L’appellation Pic- Saint-Loup, elle ne couvre que 2 départements et seulement 17 communes. Quant à l’appellation Chateauneuf du Pape elle court uniquement dans le Vaucluse et couvre seulement cinq communes. Enfin l’appellation Champagne couvre la Marne ,l’Aube, l’Aisne,la Haute-Marne,la Seine-et-Marne et près de 300 communes

Les cépages autorisés

Souvent dans un cahier des charges sont précisés les cépages principaux et les cépages accessoires.

Comme ici en Pic Saint Loup : Les vins rouges sont issus des cépages suivants:
Cépages principaux : syrah N, grenache N, mourvèdre N.
Cépages accessoires : cinsaut N, carignan N, counoise N, morrastel N.
Les vins rosés sont issus des cépages suivants :
Cépages principaux : syrah N, grenache N, mourvèdre N.
Cépages accessoires : cinsaut N, counoise N, morrastel N, gr

Mais ce n’est pas toujours le cas. Exemple en Champagne « Les vins sont issus exclusivement des cépages arbane B, chardonnay B, meunier N, petit meslier B,
pinot blanc B, pinot gris G et pinot noir N. Six cépages au total mais 75% du temps ce sont des champagnes de chardonnay et de pinot noir que nous buvons.

Idem à Châteauneuf, (qui a fondé sa réputation sur le mariage parfait entre grenache noir et galets roulés) autorise pourtant dix huit cépages dans l’appellation : « Les vins rouges et blancs sont issus des cépages suivants : bourboulenc B, brun argenté N (localement dénommé « vaccarèse »), cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, counoise N, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, mourvèdre N, muscardin N, picardan B, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, roussanne B, syrah N, terret noir N

Enfin en Côtes du Rhône bien que la liste autorisent au total 31 cépages différents, il est bien dommage de constater que ce sont seulement huit à dix cépages qui reviennent en permanence dans les assemblages.

Les vins blancs sont issus des cépages suivants : cépages principaux : bourboulenc B, clairette B, grenache blanc B, marsanne B, roussanne B, viognier B ;

cépages accessoires : piquepoul blanc B, ugni blanc B.
– Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants : cépage principaux : grenache N ; mourvèdre N, syrah N ;

cépages accessoires : bourboulenc B, brun argenté N (localement dénommé camarèse ou vaccarèse), caladoc N, carignan N, cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, counoise N, couston N, grenache blanc B, grenache gris G, marsanne B, marselan N, muscardin N, piquepoul blanc B, piquepoul noir N, roussanne B, terret noir N, ugni blanc B, viognier B.

Les Rendements

A mon sens c’est une information de taille qui donne des indications concrètes sur la concentration des raisins dans le vin de l’appellation et qui devrait avoir une incidence direct sur le coût de production du vin et donc sur le prix final. Les rendements dans un cahier des charges sont exprimés en hectolitre/hectares ou en poids de raisin à l’hectare. (Dans ce cas il faudra convertir ce poids en hectolitre pour un rendement en hectolitre/ hectare. Globalement il faut environ 120 kg de raisins pour obtenir un hectolitre.)

Ainsi en Côtes du Rhône la charge maximale est de 9500 kilos/hectare soit 79 hecto/hectare. Alors qu’en Chateauneuf les rendements maximum autorisés sont de 35 hectolitre hectares. On comprend donc aisément les différences de prix.

En Pic-Saint-Loup les rendements sont de 37 à 60 hecto /hectares et en Champagne alors que l’on pourrait imaginer des rendements plus faible, les rendements sont énormes de près de 100 hecto/hectares. Là en revanche le prix final des Champagnes peut questionner.

Les vendanges

Manuelle ou à la machine cette indication est très importante et permettra de comprendre tout de suite si l’appellation compte plutôt des petites exploitations ou de grandes. Cette information a également une importance clef sur le prix de revient du vin. Les vendanges manuelles sont beaucoup plus couteuses que le passage d’une machine. A Châteauneuf la récolte est exclusivement manuelle, pour les trois autres appellations il n’y a pas d’obligations. En champagne toutefois la récolte doit être en grappe entière.

Le degrés d’alcool

Dans chaque cahier des charges le taux d’alcool minimum est défini. Il est en général autour de 12°

En Pic- Saint Loup c’est 12° minimum,

En Châteauneuf du Pape 12,5°

En Côtes du Rhône une distinction est faite entre les Côtes du Rhône septentrionales et méridionales: 11 °, pour les exploitations situées au sud du parallèle de Montélimar (Drôme)

10,5°, pour les exploitations situées au nord du parallèle de Montélimar (Drôme). E

Enfin en Champagne, le taux d’alcool minimum est de 9°. La Champagne est située bien plus au nord que les trois autres appellations, cela pourrait expliquer cette différence. Cependant à 9° peu de vins sont à maturité…

Il existe encore beaucoup d’informations très pertinentes dans les cahiers des charges, comme le taux de sucre dans le vin, la taille, l’élevage etc. Soyez donc curieux.

Bibliographie

https://extranet.inao.gouv.fr/fichier/PNOCDCAOC-Champagne-20190619.pdf

https://www.oivr84.com/telechargements/referentiel/CDC_cotes_du_Rhone.pdf

https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/document_administratif-1d1f1fc9-e5ee-45ac-b605-f56432d2c0b6/telechargement

https://www.inao.gouv.fr/var/inao_site/storage/repository/editeur/files/pdf/CDC-AOP/AOC%20Ch%C3%A2teaneuf-du-Pape_20111116.pdf