La relève est assurée

J’ai récemment découvert, avec beaucoup de plaisir, les joies de l’enseignement. J’ai la responsabilité d’un groupe d’une dizaine d’adultes entre 21 et 55 ans. Ils viennent de milieux différents, d’horizons pluriels, mais tous doivent à nouveau se mettre dans la peau d’un écolier, ce qui n’est pas toujours évident.

Il y a Hayatt, la plus jeune, drôle, généreuse et fédératrice qui apporte les viennoiseries le matin. Il y a Dominique, « le Corse », doyen de l’équipe, qui a eu mille vies. Il y a des profils atypiques et attachants. Comme Nicolas, qui envoie valser la comptabilité au profit des bouteilles. Ou comme Elodie, belle liane méditerranéenne pleine de doutes et d’incertitudes qui avance pourtant à pas de géants. Il y a aussi Clément, commercial parisien en quête d’authenticité, Charlotte et Johan, esprits libres, artistes, Cécile, pétulante quadra lassée des postes de serveuse, ou encore Sébastien, fou de vin passionné qui impressionne ses camarades. Je pourrais égrener leurs portraits les uns après les autres tant les personnalités sont fortes et riches. Tous sont fascinés par le monde du vin mais c’est un milieu intimidant et il y a beaucoup à apprendre en peu de temps. Alors, pour faire retomber la pression et leur montrer que, malgré des codes parfois sectaires, c’est un monde convivial, fait d’échanges et de plaisir, nous sommes allés visiter le domaine Monplézy.

Anne Sutra de Germa et Christian Gil nous ont accueilli avec beaucoup de gentillesse. Lorsque l’on arrive au domaine, le cadre est séduisant, en hauteur sur les coteaux. Anne nous a raconté que la propriété a été achetée dans les années 1920 par son grand-père Jean Sutra, un négociant en quête de quiétude. C’est Georges, son fils, qui fit prospérer le domaine en cave coopérative. Anne et Christian ont construit leur propre cave de vinification en 2000 et ils ont converti l’exploitation à l’agriculture biologique. Christian évoque aussi la présence de leur fils Benoit, la première génération à avoir reçu une formation viticole (Benoit est ingénieur agronome diplômé de l’école de Purpan). Les parents sont très fiers et ils reconnaissent avec beaucoup d’humilité son apport dans la qualité des vins. Il faut dire que Benoit à tout pour être un grand vigneron : vision, technicité et humilité.


La visite se poursuit et, dans la fraicheur du chai, les étudiants prennent confiance et ils se risquent à poser quelques questions. Anne et Christian leur expliquent les différences entre les barriques de chêne français et de chêne américain, l’intérêt d’avoir une chaine d’embouteillage…

Puis vient le temps de la dégustation. La gamme est large et construite, ils peuvent observer les différences d’un vin à un autre. Plus gras, plus aromatique, plus tannique. Là encore, les vignerons ne sont pas avares en explications, sur le nom des cuvées ou les choix techniques. Nous repartons ravis, nourris intellectuellement et humainement.

La journée se termine par un magnifique pique-nique à la plage. Le lendemain, lorsque nous nous remémorons cette belle journée, certains évoquent leur frustration de ne pas être aller dans les vignes. Finalement, ils n’en n’ont pas eu assez. Aucun doute : la relève est assurée !

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