L’été voit rose

Avec 28% de la production mondiale en 2017, la France arrive en tête des pays producteurs de vins rosés au monde. De quoi étancher la soif des Français qui en sont très friands : l’Hexagone représente à lui seul plus du tiers (36%) de la consommation mondiale ! Plus étonnant encore pour l’amatrice de vins blancs que je suis : les rosés arrivent sur la deuxième marche du podium des ventes par couleur, certes loin derrière les rouges. Effet de mode ou véritable tendance de consommation, tentons de décrypter le phénomène rosé.

Comment produit-on du rosé ?

Il existe aujourd’hui trois méthodes pour élaborer un vin rosé.

La première, la plus courante, est le pressurage direct. Il s’agit de presser directement les grappes entières ou — cas le plus fréquent — égrappées (sans les rafles), sans macération préalable. Le pressurage est doux et les pellicules ont juste le temps de conférer une couleur légèrement rosée au jus, qui est immédiatement mis à fermenter.

La deuxième technique porte le nom de macération pelliculaire. Lorsque les raisins arrivent au chai, les baies sont juste foulées. Elles éclatent et libèrent la pulpe, la peau, les pépins et le jus de raisin. Cet ensemble se nomme le moût. Avant le pressurage, ce dernier est laissé macérer quelques heures en contact avec les pellicules, qui transmettent au vin couleur, tannins et arômes.

Enfin, il existe des rosés dits « de saignée ». Ils sont obtenus en soutirant 5 à 10% du volume d’une cuve destinée à produire du vin rouge au tout début de la cuvaison. Les rosés produits de cette façon sont souvent les plus colorés.

Les rosés sont-ils toujours meilleurs lorsqu’ils sont pâles ?

Et bien non. Quel paradoxe étonnant que les rosés plébiscités aujourd’hui soient le plus clair possible ! Comme je vous l’expliquais, c’est la macération avec les pellicules qui confère arômes et structure au vin. Donc plus un rosé est clair, moins il développe de parfum et possède de texture. En théorie… En réalité, les vignerons ont leurs petits secrets pour réaliser des rosés qui répondent aux exigences à la fois de goût et de couleur des consommateurs. Je n’en dirai pas plus mais soyez curieux !

Comment est né le succès des vins rosés ?

C’est incontestablement grâce aux rosés de Provence que le rosé est devenu il y a une vingtaine d’année un symbole estival et festif, adopté également par les jeunes, pourtant moins enclins à boire du vin que leurs aînés. Et ils n’ont pas conquis que les palais français puisque les rosés s’exportent aujourd’hui dans le monde entier.

Méfiez-vous des bouteilles vendus à 20 ou 30 euros, prix du marketing plus que des raisins.

Quels accords mets et vins avec du rosé ?

Je trouve que les cuisines asiatiques et orientales se marient bien avec le rosé. Un couscous par exemple. Vous pouvez également le déguster en mangeant des légumes d’été ou du poisson frais. Je pense à du caviar d’aubergines, un gravelax de saumon ou une caponata (sorte de ratatouille froide).

Ma sélection de vins rosés pour l’été

Si vous aimez les rosés légers, ma sélection de rosés de pressurage direct

Léa du Domaine La Goujonne

Un rosé à la robe saumonée et aux notes acidulées. Le premier nez est rond avec des notes de banane. En bouche, l’attaque est franche et vive. La finale est légère et rafraichissante.

Les Ribes du Valat rosé du Château Juvenal

Un assemblage de Grenache et de Cinsault où l’équilibre reste le maitre mot. Le Grenache apporte épices et structure à ce vin qui, tout en étant léger et délicat, garde une vraie colonne vertébrale en bouche. De l’onctuosité et de la vivacité.

Les 3 petits cochons du Château d’Aydie

Il s’agit d’un assemblage particulièrement audacieux de Merlot, de Syrah et de Cabernet franc. Un packaging aussi drôle que réussi pour un vin délicat aux notes de pamplemousse et de pêche.

Si vous aimez les rosés plus riches

Le Caravage du Prieuré La Chaume

C’est un rosé qualifié par son auteur de « militant ». Un rosé gastronomique à rebours des rosés de terrasse et autres « rosés piscine ». Un rosé de Loire gras et onctueux qui n’a pas à « rosir » devant un Tavel ou consort.

L’Esquisse rosé du Domaine Delacroix Kerhoas

Obtenu à partir de macération pelliculaire, c’est un rosé vineux. Là aussi beaucoup de chair et de gourmandise pour ce rosé aux arômes de cerises et de framboise. Tellement gourmand qu’il semble sucré. Pour les amateurs de rosés structurés.

Le rosé pétillant Roc’Ambulle du Domaine Le Roc

Coup de cœur pour ce « pet’ nat » rosé 100% Négrette, cépage très noir qui fait la fierté de l’appellation Fronton. Cette cuvée est vendangée en légère sous maturité ce qui lui confère fraicheur et acidité.

C’est un pétillant naturel (je vous renvoie à l’article sur les différents types de bulles), parfait pour l’été avec de jolis notes de fraise et une bouche tactile. En attaque la mousse est délicate et les bulles fines mais la longueur en bouche tapisse le palais de notes de figues fraiches, d’amande et de groseille.

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