Alternatives aux grands crus : payer moins, boire aussi bien

L’inflation grandissante nous contraint à surveiller nos dépenses et parfois à réduire notre budget plaisir. Heureusement, pour ce qui est du précieux nectar, la diversité des vins français permet de se régaler tout en préservant son porte-monnaie. Voici plusieurs idées pour ravir nos papilles sans se ruiner.

Vous raffolez des Pinots noirs de Bourgogne ?

Cette région viticole est une petite parcelle de terre convoitée par le monde entier. La côte de Nuits, surnommée les Champs-Élysées de la Bourgogne, est réputée pour ses vins rouges . Sur cette étroite bande de terre d’une vingtaine de kilomètres seulement, les prix s’envolent !

Rassurez-vous, si vous êtes grand amateur de Pinot noir, sachez que d’autres régions voisines en produisent également. C’est le cas de l’Alsace, de la Vallée de la Loire ou encore de l’Auvergne.

Dans la sélection Vins d’Avenir, l’Étoffe du domaine Rieflé, 100% Pinot noir représente un excellent rapport qualité-prix, un peu charnu et au toucher de bouche très soyeux. Si vous recherchez la finesse, un Sancerre rouge sur des sols calcaires — comme c’est souvent le cas en Bourgogne — peut être un bon compromis également. La cuvée Grandmontains du domaine Laporte (un nouveau venu dans la sélection Vins d’Avenir dont je vous parlerai bientôt) offre un jus gracieux avec de l’allonge et beaucoup de finesse.

Vous adorez les bulles ?

Un bon Champagne est rarement en dessous de 30€ la bouteille. Pas de panique ! De nombreuses régions viticoles françaises proposent aujourd’hui d’excellents crémants. Ils utilisent la même méthode de vinification que les Champagnes, dite traditionnelle, mais ils sont souvent beaucoup moins chers. Et si vous souhaitez vous rapprocher au plus près d’un style Champagne, de nombreux crémants utilisent les mêmes cépages (Pinot noir, Chardonnay).

Vincent Roussely, qui a officié en Champagne avant de s’installer au Clos Roussely, produit par exemple une cuvée superbe, la Favorite, un 100% Chardonnay élevé pendant 36 mois dans des caves troglodytes après la prise de mousse.

La Vallée du Rhône septentrionale est votre péché mignon ?

Cette région où la Syrah règne en maître sur les vins rouges a vu ses prix exploser ces dernières années. Elle produit des rouges profonds et racés, les cuvées bios y sont assez rares et plutôt chères mais les vignerons en Saint-Joseph, Crozes Hermitage ou Cornas ont très souvent une petite cuvée 100 % Syrah dont les vignes bénéficient du même terroir et du même climat que les appellations prestigieuses toutes proches. Si la Syrah est un cépage que qui produit des vins faciles d’accès souvent réussis, le raffinement de ces Syrahs-là est tout particulier.

C’est le cas de La Muscadelle, une Syrah dense du domaine Si le vin en appellation Saint-Joseph. Le domaine Belle, lui en Crozes-Hermitage, vient à son tour de sortir une Syrah en IGP Collines Rhodaniennes que je n’ai pas encore goûtée mais qui promet au regard de la qualité du reste de la gamme. Enfin, mention spéciale à la cuvée Frejaou du Mas Baudin, produite sur un terroir de galets roulés du Rhône sud. Un vin d’une grande finesse qui rappelle les Syrahs du Nord sans en avoir le prix.

Émilie Nayral, place aux fromages mais pas au doute

C’est en plein confinement qu’Émilie Nayral a ouvert sa boutique « Place ô Fromages » au cœur de Rodez. C’est un endroit à son image, chaleureux et raffiné, où l’on peut acheter une large sélection de fromages d’ici et d’ailleurs. Si j’ai immédiatement apprécié la personnalité franche et dynamique d’Émilie, c’est en réalisant cette interview que j’ai compris que j’avais face à moi une battante, passionnée, volontaire et entière. Son histoire est un modèle de résilience et de détermination et cette rencontre m’a galvanisée.

Une vocation

La voie d’Émilie était toute tracée : « mon papa était commercial dans le foie gras, un produit noble de terroir. Depuis l’âge de six ans, je sais que travaillerai dans le commerce et dans la gastronomie. » À 19 ans, elle intègre la maison de Roquefort Gabriel Coulet : « j’ai choisi une entreprise familiale et indépendante, c’est aujourd’hui la 5e génération. Et difficile de faire plus noble que le roquefort, surnommé le roi des fromages ! » Arrivée comme simple commerciale, Émilie gravit les échelons et se retrouve très vite responsable des ventes France. Elle parcourt le pays, signe de gros contrats pour la marque, monte une équipe commerciale et… ne prend pas le temps de s’occuper d’elle. En pleine ascension professionnelle, elle tombe malade et enchaîne malaises, vertiges et pertes de connaissance « C’est après des otites à répétition que l’on me diagnostique la maladie de Ménière. Ma vie change alors complètement. Je ne peux plus me déplacer comme avant et je dois à regret quitter mon poste chez Gabriel Coulet où je suis restée quatorze ans et où je pensais faire ma carrière. » Même les lignes droites connaissent des accidents de parcours.

Projet fromager

Alitée pendant plusieurs mois, elle réfléchit à la suite. « Gabriel Coulet m’a proposé de conserver mon poste sans me déplacer, en passant uniquement des coups de fils. Mais, après quatorze ans à voyager en permanence, c’était inenvisageable pour moi de rester cloîtrer toute la journée ». Une idée germe dans sa tête. Une fois de plus, Émilie sait précisément ce qu’elle veut faire : « une crémerie avec des produits un peu haut de gamme, des fromages étrangers et une partie bar à formages où les gens puissent venir les goûter s0ur place avec un bon verre de vin ». Émilie réussit donc le tour de force d’ouvrir une fromagerie … sans changer de crèmerie !

Lors d’une formation avec la CCI, Émilie expose son projet auprès d’investisseurs qui se montrent dubitatifs sur le positionnement de sa crémerie. Peu importe, elle est convaincue que cela fonctionnera. Sa détermination parvient à désarçonner les potentiels investisseurs qui lui proposent finalement de l’aider mais elle choisit de se débrouiller seule avec ses deniers personnels ! Il ne reste plus qu’à trouver un local et celui dont rêve Émilie se libère justement place du bourg, à deux pas du marché de Rodez.

La sélection de Place ô Fromages est très large, vous trouverez des pérails locaux à tomber, des Saint Nectaire fermiers mais aussi des manchegos espagnols. Grâce à son carnet d’adresses fourni, la jeune femme avait déjà en tête ses principaux fournisseurs. « Je respecte la saisonnalité et 20 % de la sélection change très régulièrement. »

Et pour le vin ? Même si Émilie n’est pas formée, elle a un palais sûr et aime aussi valoriser le travail des petits vignerons. Lorsque je l’interroge sur un accord vin et fromage, c’est l’Arlezzo rouge du Mas Baudin avec un pérail de brebis qui a ses faveurs.

Amateur de bons fromages, avec Émilie Nayral, vous êtes entre de bonnes mains !

Le Cap’Mas, à deux, c’est mieux

Fanny Dalla Costa et Joris Nourry ont ouvert il y a quelques mois le Cap’Mas à La Capelle-et-Masmolène, un établissement très chouette, à mi-chemin entre l’épicerie fine, le bar à vin et le restaurant. Lorsque je les ai rencontrés, leur fraîcheur, leur jeunesse, l’ amour qui les lie et leur immense volonté de bien faire m’ont tout de suite plu. J’ai été particulièrement touchée par Fanny qui est arrivée pleine de doute et alors qu’elle maîtrise parfaitement son sujet. À seulement 27 et 32 ans, ils avaient en tête une idée bien précise et aboutie de ce que serait le Cap’Mas. Très complémentaires, elle se charge du vin, lui de la cuisine. 

Vous découvrirez dans cette interview de Fanny l’origine de leur rencontre, les projets du Cap’Mas et les coups de cœur vin de Fanny.

Quel est votre parcours, comment vous êtes vous rencontrés?

Joris baigne depuis toujours dans le monde de la restauration puisque son beau-père avait un restaurant. Il a fait toute sa carrière professionnelle dans la restauration, dans différents établissements,  des pizzerias, des gastro ou des brasseries. Il a un solide bagage. De mon côté, j’ai passé un BTS technico-commercial option vins et spiritueux puis j’ai passé une mention complémentaire sommellerie à Lyon. J’ai intégré un restaurant en apprentissage où Joris était mon manager. C’est comme ça qu’on s’est rencontrés.

Comment est née l’idée du Cap’Mas?

Nous voulions travailler ensemble, unir nos compétences. Nous avons réalisé un dossier où nous avons formalisé noir sur blanc tout ce que nous aimerions dans notre projet, la carte des vins, les menus, le style de concert, etc. Puis nous avons visité différents lieux, pas seulement dans le Sud de la France, et nous avons présenté notre dossier seulement là où tous nos critères étaient réunis.

Quelle est votre ambition avec le Cap’Mas?

Nous voulons un lieu polyvalent, pas seulement un bistro, qui soit riche sur les plans humain et culturel avec des concerts, des rencontres. Nous voulons un lieu éclectique capable d’accueillir des soirées fêtes votives comme des concerts plus pointus.

Qu’est-ce que tu aimes boire ?

J’aime les bières de caractère avec des saveurs prononcées, une belle amertume, une acidité tranchante. C’est ce qui me séduit. Je suis comme toi, très sensible à l’éthique, tant dans la manière de travailler que dans la personnalité du fournisseur.

Pour les vins je fonctionne beaucoup selon la saison. L’’été j’adore la fraîcheur des vins nature mais l’hiver je recherche des vins plus riches comme des Gigondas par exemple.

Quels sont vos projets ?

Nous sommes heureux de cette saison estivale et nous souhaitons à présent obtenir le label Bistrot de pays et faire vivre le lieu cet hiver. Nous aimerions rendre l’intérieur plus cosy et exploiter la grande pièce à l’arrière du restaurant pour pouvoir y accueillir des cours de yoga ou de salsa.

Les coups de coeur de Fanny

Connexió Còsmica, Còsmic Vinyaters (Espagne)

Un vin blanc d’assemblage doté d’une acidité, d’une tension et d’une longeur en bouche remarquables. L’aromatique est étonnante, on croque dans des agrumes. C’est frais et floral, fantastique ! 

Jajatoès, domaine du Petit Oratoire (Valliguière)

Vin blanc sec, assemblage de Grenache et de Viognier et d’un peu de Clairette. Tout y est dans ce vin : équilibre entre amertume, acidité et le gras qui vient lisser le tout en bouche.

Le vin de copains, domaine Wilfried (Rasteau)

C’est une belle mise en bouche ! Ce rouge léger, gouleyant, sur les fruits rouges croquants est parfait pour l’apéro, très agréable et facile à boire par temps chaud l’été.

2022 fait rimer précocité et qualité

À l’heure où j’écris ces lignes, les vendanges n’ont pas encore commencé partout en France. Au Fief Noir, en Anjou, c’est encore trop tôt. “On attend encore un peu. Alors que l’on avait quinze jours d’avance, la sécheresse a bloqué la maturation du raisin et les dernières pluies n’ont pas suffit à la débloquer. Il y a beaucoup de raisins sur les vignes mais aurons-nous du jus dans les baies ?” s’interroge Alexis Soulas.

Le millésime 2022 a en effet été marqué par la sécheresse et son exceptionnelle précocité. Au domaine Monplézy, dans le Languedoc, les premiers coups de sécateurs ont été donnés le 11 août. Une date qui détrône le record détenu jusqu’à présent par le 15 août, m’explique Christian Gil. Il complète : “en revanche, ce qui est immuable ici, c’est la durée des vendanges, un mois tout pile chaque année”. Au domaine Rouanet Montcélèbre, la récolte a débuté le 23 août, un autre record de précocité. Dans la Vallée du Rhône, où les vendanges démarrent à peine, Didier Bonnard du Mas Baudin relativise : “certes, on est en avance, mais de quelques jours seulement. Pas de quoi pousser des cris d’orfraie.” Et puis une vendange précoce a ses avantages reconnaît Benoît Gil du domaine Monplézy : “le vin a le temps de se poser en cave, on évite les ruptures entre les millésimes”.

Le bio contre le chaud

J’appréhendais les retours des vignerons, craignant que la sécheresse qui s’est abattue sur l’Hexagone cet été ne vienne gâcher la fête après un millésime 2021 déjà difficile (rien ne leur avait rien épargné, ni le gel, ni la grêle ni un été pluvieux). Pourtant, les premiers retours sont très positifs. Au Mas Baudin, “les dernières pluies ont été miraculeuses et les premières Syrahs que nous avons sorties sont des bombes de fruits” raconte Amélie Bonnard. Au domaine Rouanet Montcélèbre, Audrey Rouanet se réjouit aussi : “je suis  contente, il y a beaucoup de jus. C’est une bonne surprise”. Même son de cloche au domaine Monplézy : “on est agréablement surpris, il y a du jus même sur des parcelles non irriguées.”

Christian Gil avance une explication : “Nous avons envie de croire que c’est aussi le résultat de plus de six ans en bio. Le travail du sol en agriculture biologique est considérable. Il favorise la présence de micro-organismes et favorise la captation par la terre de l’humidité.” Amélie Bonnard du Mas Baudin confirme : “les caves coopératives autour de nous ont annoncé 40% de perte sur les Syrahs. Ce n’est pas du tout le cas chez nous, y compris dans les parcelles non irriguées”. Pour Audrey aussi, la culture bio y est pour quelque chose : “Oui, c’est évident. Lorsque je regarde les vignes en plaines de la cave coopérative, le sol est beaucoup plus sec. J’ai moi-même repris une vigne cette année qui été travaillée en conventionnelle et elle a subi un stress hydrique bien plus important que le reste du domaine”.  

Benoît Gil du domaine Monplézy

Les vigneron.ne.s pendant les vendanges me font penser à de jeunes parents qui viennent d’avoir un enfant. Après une longue attente et malgré beaucoup de fatigue et de travail, ils sont très heureux de vous le présenter et de projeter ce qu’il va devenir. C’est un moment précieux et j’adore aller dans les caves à ce moment-là. Au domaine Monplézy,  Benoit à eu la gentillesse de me faire goûter quelques cuves et, même s’il n’est pas facile de déguster le vin en pleine transformation, 2022 laisse présager un très beau millésime.

Le Cinsault, n°1 des vins de copains

Cépage méridional initialement planté en Provence, le Cinsault est très adapté aux sols secs et arides de la Méditerranée où il est planté sur tout le pourtour. Il est aujourd’hui très utilisé dans la Vallée du Rhône et le Languedoc. Au domaine Monplézy où il représente neuf hectares de l’encépagement, il est utilisé en monocépage dans la cuvée Canon Huppé. Le vigneron Christian Gil m’explique : “cépage très résistant à la sécheresse et peu sensible aux maladies, il est très productif. Quand j’étais jeune, en plaine, il pouvait produire jusqu’à 250 hectolitres par hectare (à titre de comparaison, les rendements autorisés en Côtes du Rhône sont de 54 hL/ha).

Des rouges glouglou

Beaucoup employé pour les rosés, je le préfère en rouge car il permet de produire des vins souples et légers aux notes de framboise et de fruits frais, parfois même légèrement florales. Au domaine Rouanet Montcélèbre, Audrey Rouanet vinifie le Cinsault dans la cuvée Se Canta. “Au départ j’utilisais le Cinsault pour faire du rosé. Mais le marché exige des rosés très clairs et si le Cinsault n’est pas suffisamment extrait il donne des vins peu intéressants gustativement. Il est bien plus intéressant en rouge” affirme la vigneronne. Cépage très réducteur, peu sensible à l’oxydation, il est de plus particulièrement adapté à la production de vins nature, sans soufre ajouté.

À l’heure où les degrés des vins du Sud grimpent, le Cinsault est un allié précieux  des vignerons méditerranéens. Mathieu Rabin du Château Juvenal dans le Ventoux confirme : “nous avons planté du Cinsault  pas vraiment pour ses qualité organoleptiques mais plutôt parce qu’il nous permet d’abaisser le degré d’alcool de nos vins. C’est un encépagement minoritaire au domaine où nous avons beaucoup de Grenache et de Syrah”. 

Malgré ses nombreux atouts, le Cinsault a aussi des défauts. “Sa qualité peut être très inégale en fonction des années. Il est parfois aqueux” m’explique Audrey. “Le Cinsault a une peau très fine, ce qui le rend très sensible aux gros orages ou à la grêle” complète Christian du domaine Monplézy. S’il est très adapté pour les vins faciles, il ne l’est en revanche pas du tout pour produire des vins de garde. D’ailleurs les vignes aussi fatiguent en général au bout d’une quarantaine d’années.”

La variété a donc de beaux jours devant elle à l’heure où la demande pour les vins faciles à boire et plus légers ne cesse d’augmenter.

Coquin de Sort

La famille Bonnard n’avait pas créé de nouvelle cuvée depuis 2008 et le défi leur tenait à cœur. « Nous sommes très intéressés par la biodynamie et créer une cuvée sans soufre me semblait être un premier pas » m’explique Amélie. Les raisins proviennent de la fameuse parcelle « michto » où s’épanouissent les plus belles Syrah du domaine. Cépage réducteur, la variété se prête particulièrement bien à la vinification sans soufre. Il en résulte un très joli jus, précis et élégant. Il n’était en effet pas question d’élaborer un vin déviant. Raison pour laquelle ils ont préféré ajouter des levures exogènes. « Si le vin réagit bien, nous laisserons les levures indigènes faire leur travail au prochain millésime » précise Amélie.

Le nom de la cuvée, Coquin de Sort, souligne la prise de risque, la part d’inconnu à vinifier sans soufre. C’est aussi un pied de nez au sort qui s’est un peu acharné sur le Mas Baudin ces derniers temps (incendies, problèmes d’approvisionnement de bouteilles, de capsules, etc.). Chez les Bonnard, on préfère en rire qu’en pleurer.

3 coups de cœur pour voir la vie en rose cet été

Avec l’été vient le rosé. Des trois couleurs, il est sans aucun doute le plus clivant, adoré ou méprisé. Je suis assez amusée lorsque l’on m’affirme ne pas l’aimer : à l’aveugle, il est très difficile de distinguer un rosé et d’un blanc. Y compris pour des professionnels du vin. Pour ma part, je ne rechigne pas devant un bon rosé, facile à boire pour accompagner une grillade ou plus gastronomique pour d’étonnants accords mets et vins. Je vous présente trois rosés de caractère en espérant faire changer d’avis les plus récalcitrants !

La cuvée Noah 2020 du domaine Milan

Noah est une cuvée éphémère qui porte le nom du deuxième fils de Théophile et Nathalie Milan. Son grand-frère Eliott avait, lui aussi, eu droit à sa cuvée. Noah n’aura pas à rougir — ou plutôt rosir — de « son » vin. Assemblage de Grenache noir et de Syrah, Noah est un rosé de macération (je vous renvoie à ce billet qui explique les différentes méthodes de vinification du rosé) élevé 18 mois en foudre et mis en bouteille sans filtration. Dans le verre, Noah est un rosé vineux qui embaume les fruits rouges bien mûrs.

En bouche, une belle sucrosité soutenue par une tension qui fait saliver apporte beaucoup de gourmandise. Le travail d’élevage est assez remarquable puisque les foudres apportent structure et matière sans rudesse excessive. Mention spéciale pour l’étiquette que je trouve graphique et poétique.

Où le trouver ?

@ Drôme Provençale

Après une visite du magnifique Pont du Gard, faites un passage chez Les Compagnons du terroir à Castillon-du-Gard. Vous pourrez emporter la bouteille ou la déguster sur place avec une belle planche de charcuteries et de fromages locaux !

L’esquisse du domaine Delacroix Kerhaos

Un autre rosé de macération, assemblage de 75 % de Nielluccio et de 25 % de Grenache. Le vin présente un profil acidulé extrêmement flatteur avec des notes de pêche, de citron et de verveine. J’aime beaucoup l’attaque très gourmande soutenue par une acidité d’une grande finesse et une finale interminable. Le compagnon idéal pour cet été.

Cette cuvée a de plus été relookée, ce qui ne gâche. Il faut dire que j’ai littéralement harcelé Thibault Kerhoas, vigneron qui avait tout pour réussir sauf de jolies étiquettes. C’est chose faite !

Où le trouver ?

@Canoë France

Après une descente en Kayak sur le Gardon, faites une pause Au Bajana dans le magnifique village de Collias où Barbara saura vous proposer des accords mets et vins qui raviront vos papilles.

Roc’ambulle du domaine Le Roc

Parce que l’été j’adore boire des bulles, ce pétillant naturel est mon compagnon de la saison. À Fronton, dans le Sud-Ouest, la Négrette règne en maître. Cépage très noir (d’où son nom), il produit des rouges avec beaucoup d’acidité. La famille Ribes a eu l’intelligence d’en faire des bulles. Résultat : un pétillant hyper désaltérant et frais aux notes de petits fruits rouges, de violette et de fraise écrasée. Idéal en apéritif ou au dessert. Et ce « pet’ nat’ » est doublement naturel puisqu’il est vinifié sans aucun soufre ajouté. A consommer sans modération !

Où le trouver ?

© G. Collognat.

Si vous avez la chance de visiter Nîmes cet été, poussez la porte de Flacons boulevard Gambetta, entre la Maison carrée et les jardins de la Fontaine. Vous serez accueilli par Simon et Léon qui vous feront découvrir leurs sélection de vins bio et natures où se côtoient grands noms et petits producteurs.

Le Vin de copains du domaine Wilfried

Avec la vendange 2022, le Vin de copains du domaine Wilfried fêtera ses dix ans. « Lorsque nous avons créé cette cuvée, nous nous sommes inspirés des vins de Loire et du Beaujolais qui parviennent à offrir des rouge légers et souples. Nous souhaitions un vin frais et accessible, facile à déboucher lorsqu’une soirée entre amis s’improvise. Aujourd’hui il existe beaucoup de vins dans cet esprit mais il y a une dizaine d’année, dans le Sud, nous étions peu nombreux. » me raconte Réjane Pouzoulas qui gère le domaine avec son frère Wilfried.
Pour représenter la convivialité de ce jus fermenté, Réjane et Wilfried travaillent avec un artiste et choisissent de faire cohabiter sur l’étiquette leur tribu. « Il était important pour nous d’y mêler famille et amis. L’étiquette commence par les noms de nos parents et de nos enfants et se termine avec ceux de nos grands-parents. Au centre, ce sont ceux de nos amis et du personnel, indissociable de notre travail. »
Pour parvenir à un vin rouge aussi souple et léger, le domaine procède à des macérations courtes, une vinification en levures indigènes et avec des doses de soufre homéopathique. Assemblage de Cinsault et de Grenache, le Vin de copains offre un nez floral avec des notes de grenade et une très belle buvabilité.
Cette cuvée est un succès puisqu’en 2022 le domaine ambitionne de produire 8 000 bouteilles, dix fois plus qu’en 2012 !

Offre été 2022

Coffret vins blancs et rosés

  1. Arlezzo, Vin de France, Mas Baudin
  2. Esquisse rosé, Vin de France, Domaine Delacroix Kerhoas
  3. Ribes du Valat, AOP Ventoux, Château Juvenal
  4. Arlezzo blanc, Vin de France, Mas Baudin
  5. Château Suau, AOP Bordeaux, Château Suau
  6. Gemini, Vin de France, Clos Uroulat

Coffret vins rouges

  1. Léa, IGP Pays du Var, Domaine La Goujonne
  2. Calcaire Nord, AOP Languedoc, Domaine Monplézy
  3. Rosa, AOP Malepère, Pas de la Dame
  4. Souvenirs, IGP Collines rhodanienne, Domaine Si le vin
  5. Se Canta Cinsault, IGP Pays D’Oc, Domaine Rouanet Montcélèbre
  6. Roumiou, Vin de France, Mas Baudin

Coffret nature

  1. Vin de Copains, Vin de France, Domaine Wilfried
  2. Antidote, AOP Gaillac, Domaine des 5 Peyres
  3. N°25, AOP Marcillac, Domaine du Cros
  4. Juvéniles, AOP Cahors, Château du Cèdre
  5. À la belle étoile, Vin de France, Le Pas de la Dame
  6. Esquisse, Vin de France, Domaine Delacroix Kerhoas

Coffret meilleures ventes

  1. Arlezzo rouge,Vin de France, Mas Baudin
  2. L’échappée, AOP Anjou, Domaine du Fief Noir
  3. Alvéoline, AOP Minervois, Domaine Rouanet Montcélèbre
  4. Léa Rosé, IGP Pays du Var, Domaine La Goujonne
  5. Côtes du Rhône, Domaine Delacroix Kerhoas
  6. Épouse-moi, Vin de France, Le Pas de la Dame

Coffret grande tablée

  1. Les Grenaches, IGP Pays d’OC, Domaine Monplézy
  2. Canon huppé, IGP Côtes de Thongue, Domaine Monplézy
  3. French Paysan, IGP Pays d’Oc, Le Pas de la Dame
  4. Renverse-moi, Vin de France, Château de Valflaunès
  5. Juvéniles, AOP Cahors, Domaine du Cros
  6. Arlezzo, Vin de France, Mas Baudin
  7. Léa, IGP Pays du Var, Domaine La Goujonne
  8. Esquisse , Vin de France, Domaine Delacroix Kerhoas
  9. Plaisirs blanc, AOP Languedoc, Domaine Monplézy
  10. Sauvignon blanc, Vin de France, Delacroix Kerhoas
  11. Cuvée des Conti, AOP Bergerac, Domaine Albert de Conti
  12. Se Canta, IGP Pays d’Oc, Domaine Rouanet Montcélèbre

Cette offre est valable jusqu’au 7 juillet 2022. Vous souhaitez connaître les tarifs et passer commande ? Écrivez à rejane@vins-avenir.fr.

Thomas Cluzel, sourceur de vins d’auteurs

Paul Vialle, Valérie Trial et Thomas Cluzel

Je suis ravie d’évoquer ici un nouvel et bel endroit qui a ouvert ses portes à Castillon du Gard, Les Compagnons du Terroir. Dans cet ancien hangar de 500m2, on trouve du pain au levain, des limonades, du miel ou encore du vin ! Tous ces produits ont en commun d’être sourcés localement, du Gard ou des départements voisins.

Paul Vialle et sa femme Valérie Trial sont aux manettes du lieu, à mi-chemin entre le concept store, la cave à manger et l’épicerie fine. Je connais le travail de Paul depuis quelques années puisqu’il a été gérant d’un restaurant où il vendait les vins du Château de Montfrin. Il a ensuite lui -même travaillé dans un domaine viticole. Un bagage solide pour cet épicurien, travailleur infatigable et toujours d’une très grande gentillesse. Je lui souhaite vraiment beaucoup de succès car il manquait un magasin de cette envergure au pied du pont du Gard.

Question vin, ils n’ont pas fait les choses à moitié. Épaulés de Thomas Cluzel qui a fait ses armes auprès de Simon Poussielgues à la cave Flacons à Nîmes (dont nous vous parlions ici), ils proposent pas moins de 500 références de vins à déguster sur place ou à emporter. Thomas et Paul recherchent des vins d’auteurs, ils sont extrêmement curieux et pointus sur la nature du travail des vignerons. Il en résulte une sélection où se côtoient de jolis vins locaux avec des flacons plus atypiques et depuis peu quelques Vins d’Avenir aussi !

Thomas m’a fait le plaisir d’accepter de se prêter au jeu du portait chinois.

Si tu étais un vin rouge ?

Un domaine des Tours en rouge, le meilleur rapport qualité prix du monde (il appartient Emmanuel Reynaud, propriétaire du légendaire château Rayas à Châteauneuf-du-Pape).

Si tu étais un vin blanc ?

Un Riesling alsacien bien tendu.

Si tu étais un vin pétillant ?

Un blanc de blanc extra brut ou zéro dosage.

Si tu étais un accord mets et vin ?

Un vieux Grenache vinifié en vin doux naturel avec un vieux roquefort.

Si tu étais un vin d’un autre pays ?

Les vins du domaine Gut Oggau en Autriche.

Si tu étais une bière ?

L’indigène, bière des Compagnons.

Si tu étais un spiritueux ?

Un rhum.

Si tu étais une appellation ou une région viticole ?

L’Alsace.

Si tu étais un vin du Languedoc ?

L’Aurel Rouge.

Si tu étais un dessert ? 

Tarte au citron meringué.

Si tu étais un fromage ?

Le Pérail des Cabasses.

Si tu étais un moment de dégustation ?

L’apéritif dinatoire entre potes.

Si tu étais une recette de cuisine ?

Un bœuf bourguignon.

Si tu étais une spécialité de chez toi ?

Une Gardiane.

Si tu étais un cépage ?

Le Riesling.